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TERRITOIRES ET ACTIONS

Congrès du Pulaaku sur la sécurisation des éleveurs pasteurs dans le Sahel

RFI Publié le 27-07-2019

Dernier jour, ce samedi 27 juillet, du troisième congrès mondial du Pulaaku qui se tient en France depuis mercredi. Organisé par l’association Tabital Pulaaku, ce congrès autour de la culture et la langue peules, a choisi comme thème cette année celui de la sécurisation des éleveurs pasteurs.

Village peul situé à une vingtaine de kilomètres de Mopti (Mali).
© Photo: Coralie Pierret / RFI

Depuis près de deux ans, des conflits communautaires sévissent dans le Sahel, surtout dans le centre du Mali mais aussi le nord du Burkina Faso. Les groupes jihadistes instrumentalisent des conflits pour les ressources naturelles et, aujourd’hui, les tensions entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires se superposent à des conflits communautaires, ce qui rend la situation explosive.

Selon un rapport des Nations unies, attaques et conflits ont fait plus de 400 morts au Mali, entre le mois de mars et le mois mai. Le Centre du pays où les conflits communautaires font rage est particulièrement touché. Pour Daouda Samba Diallo, vice-président de Tabital Pulaaku international, il est grand temps que les États prennent leurs responsabilités.

« On ne peut pas comprendre qu’il y ait des tueries à volonté malgré la présence de très fortes armées. Les États ont été interpelés. Il y a ces milices qui tuent, qui ont des véhicules, qui ont des armes et qui continuent à se mouvoir au vu et au su de tout le monde. Nous savons qu’il y a des choses qui ne sont possibles que quand des États sont complices ou ferment les yeux et les oreilles sur ce qui se passe. Si l’État a la volonté de les régler, il les règle », affirme-t-il.

Des États faibles et des populations marginalisées. Selon Issa Diallo, président du comité scientifique du congrès du Pulaaku, pour mettre un terme aux conflits communautaires, il n’existe qu’une seule solution : « C’est la bonne gouvernance. »

« Que chacun respecte les lois de la République et si ceci est fait, c’est vraiment suffisant parce que les jihadistes ne sont pas très nombreux. Ceux qui sont nombreux, aujourd’hui, ce sont ceux qui ont été suffisamment frustrés par les représentants de l’État. Lorsque, parce qu’un autre a commis une erreur, juste parce qu’il est Peul, vous et votre famille, on vous chasse de votre localité ? Qu’est-ce que la justice ? À quel saint se vouer ?! », souligne de son côté Issa Diallo.

Fin juin, le conseil de sécurité de l’ONU, a décidé d’étendre sa mission de maintien de la paix, la Minusma, au Centre du Mali.

http://www.rfi.fr/afrique/20190727-france-mali-congres-pulaaku-peuls-securisation-eleveurs

À lire aussi → «Stop aux tueries» au Mali: une marche pour dire non aux violences dans le centre

1 commentaire pour Congrès du Pulaaku sur la sécurisation des éleveurs pasteurs dans le Sahel

  • Bourdamè pasteur sahélien

    « La Question peuhle se « bokoharamise au Mali » suis-je tenté de dire après cette qualification par un peulh instruit « multiculturel peuhl-songhoï-touareg » dur Nord Mali « qui a les yeux et les oreilles bien ouverts » sur le prolongement, depuis 2015, de la crise malienne dite « Libération de l’Azawad/question touarègue », cantonnée, jusqu’à 2014, aux 3 régions du Grand Nord, vers le centre du Maoi, en occurrence le Macina (Téninkou), le Séno-mango (Bakass) et l’Azawak (Ménaka) , suite à la baisse de température de la crise malienne dite du Nord touareg qui était en ébullition, entre 2012 et 2014.

    La crise malienne se « bokoharamise » (syllogisme emprunté à Boko Haram) pourrait être le titre d’un article de presse écrit par un historien qui observe l’actualité malienne depuis 2015.

    A la bonne question de mon ami Peulh du Nord Mali, question posée sur un forum de débats d’un site de partage de « l’Intelligentsia malienne de la diaspora (Europe et Amérique) »: « qu’est-ce qui expliquerait ce changement perceptible depuis janvier 2018 avec l’explosion de la mine contre le bus à Boni, sur la route Sévaré-Gao? », je répondrais que la question peulhe, déjà « mujaoïsée »( tirée du syllogisme MUJAO) en 2012-2013, qui se « djihadise et se radicalise », en obéissant à un appel digne du réveil du Djihadiste Hal Pular-Tekrour/Foutanké/Toucouleur de Elhadj Oumar Tall qui, à la fin du 19ième siècle, a balayé, par ses troupes de Talibés, le Sahel, du Sénégal-Mauritanie au Pays Dogon (peu avant la colonisation/ »Pacification » complète française de ce qui deviendra le Soudan Français), en passant par Nioro du Sahel et Ségou, en brûlant et en pillant les populations déjà musulmanes en vue d’une « colonisation-réislamisation »; le Djihadiste Toucouleur, s’il ne fut pas stoppé dans les grottes de Déguimbéré-Plateau Dogon, par les impérialistes français, allait faire une jonction djihadiste avec le Royaume théocratique islamiste Peulh de Sokoto-Nigéria pour l’érection d’un Royaume théocratique islamique peulh, de l’Océan Atlantique à la forêt camerounaise.

    De mon point de vue, le projet « djihad peulh » au Mali fut nourri par le MUJAO qui, se nourrissant, lui-même du modèle Boko Haram au Nigéria, avait fait jonction avec des Terroristes EIL venant du Sahara, du côté de l’Algérie, essentiellement des camps des réfugiés sahraouis de Tindouf qui étaient déjà terro-djihado-narcotrafics et qui discutaient les « routes cocaïne » qui passent par Ménaka (u Mali) et par Tilabéri (au Niger) aux milices touarègues Imghad du Gatia qui avaient impliqué une milice Daouçahak commandée par Moussa ag-Chaghtman, un thuriféraire du MNLA qui se cherche une assise politique dans son pays, l’Azawak/Ménaka.

    Dans le Macina-bambara (le Karréry) et dans le Séno-dogon (Koro et Bankass), le projet « djihad peulh » cherche à obtenir, par la terreur djihadiste, pour les pasteurs peulhs, sinon le pouvoir politique de contrôle primordial de l’espace agro-pastoral selon le modèle de la Dina de Chékou Amadou (le roi théocratique islamique du Macina-Débo), du moins l’accès égal à la gestion des ressources naturelles productives qui était assuré, jusqu’à date, par les sédentaires agraires, Bambaras et Dogons.

    Au total, je conclurais en disant que le projet « djihad peulh » vise le chamboulement de la tenure foncière agricole et pastorale, voire une nouvelle gouvernance locale qui prendrait en compte la composante « pasteurs peulhs » qui s’estime marginalisée, à juste titre, dans certains terroirs des régions en question.

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