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Hommage posthume à Othmane Bali : Le chantre de la musique Targuie

Elmoudjahid.com/18-08-2019 | 0:00

Cela fait 14 ans que l’ambassadeur de la musique algérienne, et plus particulièrement la «musique targuie», Othmane Bali, nous a quittés suite à un accident tragique survenu durant l’été 2005, où il a été emporté par l’oued qui traverse Djanet.

Cela fait 14 ans que l’ambassadeur de la musique algérienne, et plus particulièrement la «musique targuie», Othmane Bali, nous a quittés suite à un accident tragique survenu durant l’été 2005, où il a été emporté par l’oued qui traverse Djanet.

Un pilier de la chanson targuie, Bali était un exemple de simplicité, de modestie, de générosité. Il a pu diffuser dans le monde la splendeur de la musique traditionnelle de Djanet. Sublimée par sa virtuosité au luth, il a réussi à faire connaitre sa musique non seulement en Algérie mais à travers le monde. Il a véhiculé par la magie de sa voix pure cristalline ce Sahara profond. Il transporte ses auditeurs au sein et au-delà du Tassili. Avec cette voix prenante prise en charge par des compositions inspirées de d’oasis de notre vaste Sahara, il a marqué sa présence au moment où il était vraiment difficile à l’artiste de s’adonner à la pratique de l’art musical dans la pluralité de ses expressions.

Dans une société, en l’occurrence la nôtre, qui a connu une décennie noir où il était difficile de faire admettre à ces gens (intégristes) que la musique est une activité noble, utile et surtout indispensable pour l’équilibre moral et psychique de tous les membres de la collectivité. Mais traditions néfastes aidant, la musique fut frappée d’interdit par les « islamistes », bannie par ces gens qui, soi-disant, sont «trop attachés à l’islam, aux règles et aux conventions». Compter dans ses rangs un musicien, un acteur, un chanteur ou une chanteuse ou danseuse, c’est apporter le discrédit et l’interdit, courir le risque d’être durement rudoyé ou assassiné. En ces temps, et par une pure conviction, Othmane Bali a su briser ce «mur d’interdit», il a réussi à exprimer toute la rigueur de l’art et les messages d’une culture qui force les portes de l’universel. Au delà du musicien atypique attisant la curiosité des mélomanes, Othmane Bali, Mebarek Athmani de son vrai nom, aura été porte-voix à la fois de la musique, de la poésie targuie et de la langue Tamasheq qu’il a diffusée dans les grandes villes d’Europe, d’Asie d’Afrique et d’Amérique. Il a marqué la scène musicale des années 80, 90 et jusqu’aux années 2000, par des compositions et des chants féeriques,  avant sa mort en 2005, chose qui nous oblige à lui rendre un hommage posthume.

Ainsi, et à l’occasion de ce 14e anniversaire de sa dissipation, le quotidien national El Moudjahid a essayé de retracer la partie essentielle de sa carrière artistique en tentant de mettre un éclat de lumière sur  sa réussite dans ce domaine en raison qu’il a réussi à marquer la scène mondiale par le son de la musique targuie.
De son vrai nom Mebarek Othmani,  Othmane Bali est né au mois de mai dans le Grand Sud algérien, dans le quartier dit Ouballou. Ayant grandi dans une famille de mélomanes, la musique était sa langue maternelle. Sa mère et un de ses oncles seront pour beaucoup dans sa formation musicale. Après des études secondaires à Tamanrasset, Bali suivra une formation dans le paramédical à Laghouat, avant de la parfaire à Ouargla où il sort comme infirmier. Il servira à l’hôpital de Djanet jusqu’à la fin de ses jours. Cet infirmier de formation s’était consacré à la promotion de la musique traditionnelle de la région et de la poésie du Tindi, transmise oralement par sa mère, Khadidja, poétesse et parolière de Othmane Bali.

Avec un premier album enregistré en 1986 chez Studio Cadic, enregistrement composé essentiellement de poésie féminine et élaboré avec une troupe de femmes, «l’élève de sa mère», comme il aimait être qualifié (ces déclarations aux médias), avait aussi bousculé les us et codes de cette musique traditionnelle. Bali part enregistrer son second album à Paris avec la maison de disques All Stars, dirigée par un bassiste et percussionniste franco-américain, Steve Shehan. C’était en 1995. L’album s’appelait Assouf (nostalgie), il sera suivi, deux ans plus tard, par un deuxième CD, Assarouf (le pardon). Acclamé par son public qui ne cessait de s’élargir en Algérie, Bali songeait, peu de temps avant sa tragique disparition, à réaliser quelques opus en Algérie, précisément chez Belda Diffusion. Il s’agit, en particulier, d’un disque qui devait s’appeler Kef Noun, et qui est en fait un concert live enregistré à Caracas. Sollicité de partout, Bali avait plusieurs tournées au programme. Il avait entamé un duo avec Jean-Marc Padovani dans le cadre du festival européen, travail qui devait s’étaler sur deux ans. Bali avait son répertoire personnel. En plus de ce qu’il avait appris de sa mère et de son oncle maternel, Bali avait considérablement enrichi la musique targuie et principalement tindie.

Bali a cassé deux tabous : il a introduit un instrument à cordes, en l’occurrence le luth, et il chantait. Or, seules les femmes chantent et seules les femmes jouent des instruments à corde dans la culture targuie. Après sa disparition soudaine et le grand vide qu’il aura laissé sur la scène culturelle algérienne, son fils Nabil Bali, ses amis musiciens et ses élèves s’efforcent, non sans peine, de perpétuer le style du maître ou en revisitant ses compositions inestimables qu’il avait laissées afin que les maîtres de notre musique ne soient pas oubliés par cette nouvelle génération qui doit les prendre comme référence et poursuivre le chemin de leurs aïeux.

Kafia Ait Allouache,http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/140754

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