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TERRITOIRES ET ACTIONS

Les Irrédjenaten de l’Adagh

Itous.ntidet-29-10-2016

Ce rappel se veut être une réponse historique tirée de différentes sources (orales et écrites) à un groupe négationniste qui a l’outrecuidance de remettre en cause l’appartenance ethnologique des Irrédjenaten.
Elle interpelle les raisons profondes recherchées par ces détracteurs d’une frange communautaire profondément enracinées dans la matrilinéarité d’abord chez les Touaregs et du métissage obligatoire selon des alliances historiques que seuls les anciens connaissent suite aux migrations par couches successives qu’a connue la terre natale, c’est-à-dire l’actuel Adagh.

1. Nous citerons d’abord, les Irrédjenaten descendants de Malick Wan Achaloum, Ansari, compagnon des premiers islamisateurs qui ont professés cette foi sublime dans le grand Sahara au début du premier siècle hégirien. Il est cité pour être ancêtre d’une des communautés Irrédjenaten, une branche des Idnane, Taghat Malet et quelques fractions Kel Ghela, des Imghad, Izzegaghen Kel Inkoufé. Il est décédé et enterré à 30 km d’Abeibara dans un affluent qui porte son nom.

2. Les descendants d’Aleyt Ag Dida Ag Idda Ag Abdousalam, Cherifien venu du Maghreb et ancêtre des Ifoghas, forme une autre partie des Irrédjenaten communément appelés Kel Tichdayen, une variante des Chebil descendants d’Abouneya, des Imekelkelen Wan Adagh, Imédedaghen, Kel Takameth, Ichedhan haren Kel Acho, Ibelbetyen kel Edjem et beaucoup d’autres fractions de l’Adagh et d’autres zones de l’Azawad. Il est enterré dans la vallée d’Elefagh, pas loin de la montagne qui porte présentement son nom et son grand-père Aita est quand à lui enterré à Alket près de Kidal.

3. Adjadj Alamine est l’ancêtre des Irrédjenaten, fils d’Askeikou, Imghad Arraghnen et les Kel-Terghecht, ainsi que quelques fractions de l’Ahaggar et de quelques familles de la fraction de Telgatghat.
Il a été rapporté qu’Adjadj Alamine est arrivé en compagnie de Mohamed Mokhtar Aita sans que personne ne mentionne avec exactitude les liens qui les unissaient. Certains disent qu’ils sont frères, quand d’autres soutiennent qu’ils sont cousins et certains autres rapportent qu’ils avaient une relation maître-élève.
Arrivés dans l’Adagh, Aita épousa une femme de la tribu de Taghat Malet et Adjadj Alamine prit femme dans celle des Irrédjenaten. Il est fort probable qu’ils avaient contractés d’autres mariages dans d’autres endroits et dans d’autres communautés.

4. La fraction appelée Ichoredjan descend de son ancêtre Amil Wan Akezkez de la tribu du même nom arrivé dans l’Adagh en provenance de la région d’Ajjer. Sa descendance connue dans l’extrême nord de l’Adagh et du Tamesna essaime jusqu’aux confins du Niger et de la Libye.
Il est paraît-il enterré à Tassamaq entre Timiaouine et Taoundart.

5. Abzou Ag Mossa, un autre brave issu d’une famille Kel-Azzi et de mère Iwarwaren est également arrivé de l’Ahaggar vers la fin du 19° siècle suite à un dispute familiale qui l’opposa à un notable local. Pour échapper aux poursuites extrajudiciaires, il partit se réfugier dans l’Adagh auprès de l’Amenokal de l’époque en la personne de Khamaden Ag Deffa qui le prit sous sa protection. Ce dernier refusant de le livrer à des messagers venus le querir, tuèrent en représailles l’Aménokal lui-même par traîtrise dans la vallée d’Afara, près de Tessalit avant de rejoindre l’Ahaggar. Abazou épousa une femme des Irrédjenaten Kel Tichdayen et resta dans l’Adagh jusqu’à sa mort dans la vallée d’Inghassan à 40 km de Timiaouine où sa tombe est visible sur le bord de la piste reliant Tamanghasset au dit village

6. Les Irredjenaten Ihayawen n’Deggar qui se font appeler Kel Ghela sont la progéniture de l’un des derniers hommes valeureux issus des grandes familles de l’Ahaggar ayant émigrés vers l’Adagh où il créa une famille numériquement importante en se mariant dans la Communauté Irrédjenaten. Il est rapporté que Deggar est issu de la tribu noble des Kel-Rela de l’Ahaggar dont les traditions matrilinéaires accordent une importance particulière au rang social des enfants utérins.

7. Intanabdut Ag Zamami Ag Ambani de la Communauté d’origine Kel Ghazzi fit souche dans l’Adagh en prenant femmes dans la Communauté Irrédjenaten, joua un rôle politique important dans l’organisation sociale entre l’actuel Timiaouine-Tessalit-Bordj Badji Mokhtar où ses descendants constituent la trame actuelle des Irrédjenaten.

8. La famille Intechekhen fils d’Alkher Ag Kanane Ag Intaganant qui rejoint par ce dernier une large gamme de fractions dissiminées dans l’Adagh (Taghat Malet,) et sa descendance apparentée par les femmes aux derniers cités, est connue pour avoir été le fer de lance de la résistance contre les Régueibat Sahéliens qui razziaient les habitants dans l’Adagh de l’Ouest.
Son fils Inawèlane est cité pour avoir été le premier à avoir abattu 2 éléments de ces bandes avec une simple lance malgré leurs armes à feux.

La première grande défaite infligée à ces razzieurs dans l’Adagh à Tinezarou Malet où plus de trente ennemis tombèrent sur le champ de bataille était conduite par Inissik Ag Itlal avec la participation d’Alla Ag Albacher, Mokhamed Wan Inhay Ag Arami Ag Abazou, Khamadessen et encore beaucoup d’autres guerriers Ifoghas et Irrédjenaten mit fin définitivement à ces razzias.
Les Irrédjenaten participèrent à toutes les batailles livrées contre l’ennemi qu’il soit permanent (colonialisme) ou ponctuel (rezzou Air, Ajjer, Ahaggar, Kounta et Réguibat) à côté de leurs frères Ifoghas et les preuves pour l’attester existent heureusement pour l’histoire récente.

A Indaleki (Taouendart près de Tinzawatène) Alla Ag Albachir, connu pour sa révolte contre le pouvoir colonial, fut tué en compagnie de son fils Mokhamed et l’un de ses inséparables lieutenants Aslek Ag Arachid des Irrédjenaten.

Inalaghen Ag Dida, Saya Ag Acheikh et le martyr Titti Ag Sidi et des anciens combattants tels que feu Akoni Ag Sidahmed, Bacher Ag Mohamed, Saya Ag Ossad, le martyr Aounay Ag Mohamed Ag Sidahmed, Sidi Ag Sidaghmar, Outas Ag Acheikh et bien d’autres sont autant des Irrédjenaten qui ont donnés soient leurs vies ou la fleur de leur âge pour que leurs terres ancestrales ne soient plus sous le joug d’un oppresseur d’où qu’il vienne.

Nous ne pouvons oublier les combattants des années 90, tombés sur les champs d’honneur pour que fleurissent la paix et la concorde dans l’Azawad, parmi lesquels, Elegzen Ag Amaksou, Efeney Ag Mohamed, Emaghey Ag Izagh Ag Oudada, Ess Ag Warekoul et combien d’autres encore.

 

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4 commentaires pour Les Irrédjenaten de l’Adagh

  • torda

    Un bon texte. Merci Tamoudré.

  • Très bien écrit et dit, concis et précis. Les Iradjanaten n’ont de problème avec qui que ce soit et ils sont braves.
    Moi je suis leur parent du côté d’Ashaloum.

  • AÏTA

    Je félicite Itous n’tidet (« préméditer la vérité », en tamacheqh), celui qui a signé cette excellente contribution frappée du bon sens historique et je le complète sur deux points:

    1. Selon le Tarikh (Arbre généalogique) des Kel-Ghazaf (kel-Tamacheq du Groupe chérifien de la rive Sud du Sahara) écrit par Wartehen-Ghaçan, à Ras el-Mâ, en Janvier 2013, relativement à AÏTA, son 16ième ancêtre mâle, je cite: « Mohammad el-Mokhtar dit Aïta serait né vers 1450 à Fez au Maroc ; il s’installa par la suite dans l’oasis de Touat en Algérie. Aïta émigra du Maghreb déchiré par des guerres claniques de successions tout en empochant son Quitab (livre coranique). Aïta arriva à Essouk, ville berbère dans l’Adagh-n’Foghas dépendant de l’Empereur Songhaï Askia Mohamed. Les Touareg de l’Aïr le surnommèrent Aïta (c’est-à-dire « laissez-le » en Tamasheq !). Aïta se livra à des études islamiques et devient savant. Aïta épousa une femme kel-Essouk Alançar ; depuis ce temps, la progéniture d’Aïta abandonna la pratique de la langue arabe au profit du Tamasheq. Après le pillage de la ville de Essouk par les Touareg Iwoulemeden, ses habitants se déplacèrent et s’installèrent à Djinchichi dans l’Adrar n’Foghas. Aïta a eu des enfants : Mohamed, Mohamaed Alfaqi, A’yad, Mossâne, Abbdoussalam et Youssouf. Aïta collabora avec l’Empereur Songhaï Askia Mohamed qui régna de 1493 à 1528. Les tombeaux d’Aïta et de son fils Mossâne qui se trouveraient aux environs de Tessalit (lieu dit Insamam) reçoivent « la ziara » de ses descendants chérifiens. C’est à ce seizième ancêtre que kel-Ghazzaf rejoignent les autres fractions chérifiennes arabo-berbères du Sahara central. »

    2. La tribu Imouchagh Eradjanaten (feu Amanokal Marouchet ag-Mossa) et ses alliés Imghad Ihayawenadagh (Amanokal Asemki) exercent actuellement le pouvoir traditionnel de contrôle sur l’espace pastoral de la zone dite « Tabakat » dans les parcours pastoraux qui ont pour point d’attache-abreuvoir la mare de Banzéna, dans la commune rurale de Bambara-Maoudé, cercle de Gourma-Rharous, région de Tombouctou .

  • ag-Tadamaket

    Post scriptum: comme je suis accro de la sémantique Tamacheq, je traduis « ireguenaten » au pluriel , singulier « aradjanna » par « métis » qui a une acception positive dans le sens que le métis bénéficie du « sang mêlé » de ses géniteurs directs qui proviennent de deux « souches » différentes, la plus « faible » bonifiée par la plus « forte « ; exemple : le métissé touareg « noble » de père touareg et de mère femme « noire » (bella, taklit-taskiwt) est physiquement plus fort et plus courageux que celui qui est issu d’un mariage endogamique touareg tel que le métissé est plus apte à se battre que le « mou » malgré sa noblesse de naissance.

    Sincèrement

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