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TERRITOIRES ET ACTIONS

24 heures de braise au Mali

RFI- Frédéric Couteau

L’opposition au président IBK dans le rues de Bamako pour demander sa démission, le 5 juin 2020. REUTERS/Matthieu Rosier

Marée humaine à Bamako

La presse malienne s’attarde ce lundi matin sur cette foule de manifestants qui a donc déferlé sur Bamako. « Le vent de la contestation souffle fort… », s’exclame le quotidien L’Aube. « Vendredi, une marée humaine a répondu à l’appel de la CMAS (la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko), du FSD (le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie) et de EMK (Espoir Mali-Koura), pour dénoncer la mauvaise gouvernance, les tentatives de partition du pays, les dérives antidémocratiques au plan électoral et socio-politique. Occasion pour ces trois organisations d’exiger la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. L’imam Mahmoud Dicko a dénoncé les scandales de corruption, les arrestations arbitraires, le non-respect des textes, l’enlisement de l’insécurité au Nord et au Centre, et l’incapacité du régime de construire une armée républicaine capable d’aller reconquérir l’Azawad. « Cette mobilisation n’est qu’un début contre le régime IBK. Elle va continuer, a prévenu l’imam Dicko. Je jure que si ce rassemblement ne lui sert pas de leçon, l’histoire racontera la manière dont son pouvoir prendra fin ». »

Pour Mali Actu, le chef religieux a « évité le pire », en préférant « jouer à l’apaisement en appelant les manifestants à ne rien casser et à rester dans la légalité ».

L’autre grande info de ce vendredi de braise au Mali, c’est donc la mort d’Abdelmalek Droukdel, le chef d’al-Qaida au Maghreb islamique. Une disparition qui fait couler beaucoup d’encre dans la presse de la sous-région… « Coïncidence ou événement dans l’événement, pointe L’Observateur Paalga au Burkina, c’est le jour où la capitale malienne était transformée en chaudron social que la ministre française de la Défense, Florence Parly, annonçait la neutralisation d’Abdelmalek Droukdel. Pour une grande nouvelle, c’en est une. C’est connu, la question sécuritaire est la principale préoccupation des pays du G5 Sahel et le tristement célèbre Abdelmalek Droukdel était avec Mokhtar Belmokhtar, Abou Walid Sahraoui et Amadou Koufa, une des têtes pensantes de l’hydre terroriste qui donnent depuis 2012 des insomnies aux populations, aux décideurs et à leurs partenaires, dont la France. »

Bonne nouvelle pour Paris et pour Koulouba…

« Du coup, relève Le Pays, toujours à Ouaga, les Français prêtent des arguments à leur allié IBK pour justifier davantage la présence de Barkhane au Mali. D’ailleurs, certaines langues laissent entendre que l’opération que vient de mener Barkhane participe de la volonté de l’Hexagone de renforcer le pouvoir de Bamako, à un moment où l’opposition et des organisations de la société civile demandent à IBK de débarrasser le plancher. »

Et « on peut être inquiet de voir l’Imam Dicko prendre la tête de ce mouvement, souligne encore Le Pays. Car, ce monsieur est en train de faire des amalgames qui pourraient un jour se retourner contre certaines valeurs de la République. En rappel, cet Imam défend bec et ongle l’idée d’un dialogue avec les terroristes. Et rien ne dit que pour cela, il n’est pas disposé à marchander certaines valeurs de la démocratie et de la République, à commencer par la laïcité. »

En tout cas, relève Ledjely en Guinée, « la liste des reproches faits au président malien est très longue. Bien sûr, sur le front sécuritaire, il peut espérer tirer profit de la mort d’Abdelmalek Droukdel. Mais ce facteur-là n’agira certainement pas seul. (…) En interne, les autorités maliennes devront descendre de leur piédestal pour se montrer à l’écoute de la population qu’elles devront par ailleurs rassurer. Il ne sert à rien en particulier pour le président malien de s’emmurer dans la tour du palais de Koulouba, conclut Ledjely, et de feindre ne pas savoir que la colère gronde tout autour. Cette politique de l’autruche ne suffira pas à sauver le président malien, même s’il est encore à trois ans de la fin théorique de son second mandat. »

http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200608-%C3%A0-la-une-24-heures-braise-mali

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