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Contestation de la mise en place des autorités intérimaires à Tombouctou: Une colère dictée par le ventre

Le pays B Faso

Encore un couac, un de plus, dans la mise en place des autorités intérimaires dans la partie Nord du Mali, dont le début avait suscité soulagement et espoir, dans la ville frondeuse de Kidal, le 28 février dernier. Après la grogne et l’occupation du Conseil régional par des hommes armés, à Gao en guise de protestation contre les membres désignés pour y siéger, c’est, cette fois-ci, Tombouctou qui est assiégée par un groupe lourdement armé, à cause du manque de consensus dans le choix des futurs responsables de la région. CONTESTATION DE LA MISE EN PLACE DES AUTORITES INTERIMAIRES A TOMBOUCTOU : Une colère dictée par le ventreSi la situation à Gao a été débloquée in extremis grâce à l’entregent et à l’influence du Grand imam de la ville, Alpha Oumar Almahadi, qui a miraculeusement réussi à arracher un compromis entre les contestataires et le gouvernement malien afin que les autorités intérimaires soient installées, le 2 mars dernier, à Tombouctou, les choses semblaient plus compliquées, tant les positions étaient, jusqu’au moment où nous tracions ces lignes, tranchées entre les forces du Congrès pour la justice dans l’Azawad  (CJA ) et les membres de la société civile tombouctienne d’une part, et les signataires de l’accord d’Alger d’autre part. A Tombouctou comme à Gao, Ménaka et Taoudéni, la levée de boucliers s’explique par le manque de légitimité de ceux qui ont été choisis pour présider, durant les deux années à venir, aux destinées de ces régions désertiques. Et la réaction très martiale du chef d’état-major du CJA, le lieutenant-colonel Abass Ag Mohamed Ahmed, selon laquelle ses troupes vont fondre sur Tombouctou si les populations locales ne sont pas impliquées dans la gestion du Conseil régional, est, plus qu’un coup de semonce,  un véritable  coup de canon porté au processus de paix au Mali. Car, si le blocage persiste ou si des affrontements éclatent pour le contrôle de la ville, on risque d’assister à des situations similaires dans les autres régions où le consensus ne tient, c’est le moins qu’on puisse dire, qu’à un fil.

Ce qu’il  a été donné de voir à Tombouctou et à Gao est loin d’être rassurant

A Gao où le retour de l’administration a été acté quasiment au forceps, tout comme à Kidal où les chefs du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) « canal historique » comme Bilal Ag Chérif et Alghabass Ag Intallah ont snobé la cérémonie d’installation de Hassan Fagaga comme président du Conseil régional, il suffira d’une petite étincelle pour rallumer le brasier qui consumera tous les efforts que la communauté internationale déploie depuis 5 ans pour que les Maliens fument ensemble le calumet de la paix. En un mot comme en mille, la tension qui prévaut à Tombouctou est symptomatique de la méfiance et de la défiance réciproques des protagonistes, et c’est un très mauvais présage pour la suite du processus de sortie de crise. Car, il ne faut pas perdre de vue qu’en plus de ces querelles picrocholines entre signataires de l’accord d’Alger, il y a les islamistes qui ont braqué leurs canons sur le navire de la paix, prêts à entrer en action comme ils l’ont d’ailleurs déjà fait à Gao, le 18 janvier dernier, contre la base du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) regroupant les forces mixtes des autres groupes armés. Ils ont réitéré la menace à travers une vidéo inédite opportunément diffusée la semaine écoulée, dans laquelle ils ont déclaré avoir uni leurs forces pour faire indistinctement le plus de mal possible aux « populations impies » du Mali, et ont placé leurs mouvements unifiés sous le commandement de l’ennemi juré de la République, Iyad Ag Ghali. Le message est, ici, sans ambiguïté : aucune paix durable ne peut être instaurée au Mali et dans toute la bande sahélo-saharienne, en laissant les islamistes en rade, et ce n’est pas la mise en place d’ailleurs controversée d’autorités intérimaires sans légitimité populaire dans la partie considérée comme l’épicentre de la crise, qui réglera le problème. A l’instar des islamistes qui ont évité la guerre des ego pour faire cause commune, les Maliens, sans distinction, devraient faire autant afin de se dresser ensemble et efficacement contre le péril djihadiste. Ce qu’il nous a été donné de voir à Tombouctou et à Gao est loin d’être rassurant, car la colère manifestée par les uns et les autres, semble  davantage guidée par le ventre et les intérêts personnels que par la volonté de se battre pour le bien-être des populations au nom desquelles ils parlent. Mais puisque nous sommes au pays devenu par la force des choses, champion du monde en rafistolage, il est fort probable que le ministre de la Réconciliation, Mohamed El Moctar, sorte de son boubou blanc, un accord a minima et pour le moins fragile, qui permettrait d’installer, même de façon éphémère, des autorités qui seront plus soucieuses de leur propre survie que du développement de leur région. Une sorte de pis-aller comme les Maliens les aiment, en attendant les prochains bruits de bottes.

Hamadou GADIAGA

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