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TERRITOIRES ET ACTIONS

Le gouverneur de Kidal, Sidi Mohamed Ag Ichrach, annonce le retour de l’administration le 15 septembre

Les tentatives avortées d’un retour de l’administration à Kidal, ont amené le gouvernement à faire appel à l’ONU pour des sanctions pour entrave à la bonne marche du processus de paix notamment le retour manqué de l’administration. Le retour de celle-là dans la 8ème région administrative a été maintes fois annoncé et mieux, le gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga, installé le 11 avril 2017, en a fait une priorité dans sa Déclaration de Politique Générale (DPG) devant les élus de la nation. Pour faciliter ce retour, le PM avait donc nommé une commission de bons offices, présidée par l’imam Mahmoud Dicko, avec un objectif le retour de l’administration le 20 juillet 2017.

Kidal : Le retour de l’administration le 15 septembre. C’est le gouverneur de Kidal qui l’annonce. Sidi Mohamed Ag Ichrach.

Le retour de l’administration ouvre la voie à d’autre retour telle que les services sociaux de bases. C’est pourquoi le 31 d’octobre 2018, la population de Kidal a manifesté pour réclamer l’ouverture des classes, à travers une marche ayant regroupé les chefs de fractions, les leaders d’opinion, les chefs de quartiers, les comités de gestion scolaire, les associations des parents d’élèves (APE), les associations et organisations féminines, les mouvements des jeunes. Les marcheurs disent être préoccupés par l’avenir incertain de leurs enfants auxquels les portes des classes sont fermées depuis 7 longues années.

Dans leur déclaration, ils réitèrent leur option pour le retour des enseignants, une prise en charge régulière des cantines scolaires.

Cette même population qui avait manifesté en octobre 2017 dans le cadre de la commémoration de la mort de Cheick Ag Haoussa, péri dans l’explosion de son véhicule. Elle scandait : « Nous sommes Cheick Ag Haoussa», et demandait ainsi aux forces internationales (MINUSMA, BARKHANE) de quitter leur ville dans un plus bref délai. Des panneaux et affiches de la MINUSMA ont été calcinés par des manifestants en colère.

La situation est alarmante dans la Région de l’Est et elle s’est empirée depuis quelques mois. Les mouvements armés qui s’identifient comme Groupes djihadistes empêchent tout retour de l’Administration. Face à l’absence sur le terrain de l’Armée malienne, ces groupes règnent en maître dans la Région.

Mahamadou YATTARA

Source: Inf@sept

1 commentaire pour Le gouverneur de Kidal, Sidi Mohamed Ag Ichrach, annonce le retour de l’administration le 15 septembre

  • AG AZAMANE

    « Tant que Kidal n’est pas libérée, le « Désaccord » empêchera la mise en œuvre de l’Accord ! » par AG AZAMANE sur le forum de MaliJet, Maliweb et Malilink du 27 Juillet 2016.
    A la sortie du 10ième CSA des 25 et 26 Juillet 2016, Maitre Harouna TOUREH de la Plateforme a dit, je le cite en partie : « rien ne sera fait tant que “la question de Kidal n’est pas tranchée” ; pour ma part, j’estime que la Plateforme est en retard de trois ans sur la bonne manière de voir « l’équation » de Kidal traitée; en effet, « l’équation » de Kidal date de début 2013 quand Serval avait aidé les FAMAs à libérer toutes les capitales régionales du Nord du Mali, sauf Kidal dont Serval avait remis les clés au crabes du MNLA qu’elle avait repêchés du marigot de Blaise Compaoré à Ouaga.
    Les faits sont têtus et se répètent ; ainsi, je peux remettre le titre « Collusion rebelles-terroristes-forces étrangères : complot pour la colonisation de Kidal » pour le cas présent de la bataille CMA-GATIA des 21 et 22 Juillet 2016, comme celle de l’armée malienne contre la CMA, il y a 2 ans. En effet, la forfaiture de la France était la cause du déclenchement de la fameuse guerre dite «guerre de 6 heures de Kidal » du 21 Mai 2014 qui restera, longtemps, gravée dans la mémoire des maliens. Pour cause, au début de l’année 2013, lors de la reconquête du Nord du Mali engagée par Serval pour chasser les narcoterroristes djihadistes, Serval a installé, dans la ville de Kidal, les « Mafieux Narcotrafics et Lugubres Apatrides » (MNLA). Cette horde de bandits armés, de jeunes touaregs « mercenaires battus et débandés de la Libye post-Kadhafi » en 2011, en retour au Mali pour le coloniser. Ceux-là qui furent déculottés et chassés de Gao par le MUJAO, en Juillet 2012, après avoir annoncé la création virtuelle de la république de l’Azawadrêve, le 6 Avril 2012.
    .Kidal demeure un site malfamé, le piège et le berceau de l’irrédentisme ethno-identitaire touareg Ifoghas, l’épicentre de la crise au Nord Mali, un foyer de tensions chroniquées, le laboratoire de tous les périls qui obscurcissent l’horizon du Nord Mali depuis 50 ans.
    Aussi, Kidal, c’est le nœud gordien que les autorités maliennes n’ont pu trancher, la ville conquise pour le HCUA depuis Mai 2014 que seules des dispositions spécifiques pourraient contribuer à la remettre dans le giron de la République du Mali.
    En tout état de cause, pour libérer Kidal de l’emprise de la Coalition des narco-terro-jihadistes kel Adagh d’obédience Ifoghas, il faut que la France, l’Algérie et les Nations Unies la vident, partoutes les pressions qui sont, évidemment, à leur portée, des terroristes qui l’ont prise en otage et la remettent aux autorités maliennes qui verront, une fois sur place, comment faire participer à sa gestion locale, tous les « enfants » kel Adagh, sans exclusivité tribale ethno-communautariste.
    Sincèrement

    « Processus de stabilisation du Mali : La France bloque le verrou de la paix pour légitimer sa présence au nord » par Dan Fodio ; Le Matin/MaliJet du 28 Juillet 2016.

    De sources concordantes et crédibles, les affrontements à Kidal (21 et 22 juillet 2016) avaient tourné en faveur de GATIA qui aurait totalement repris le contrôle de cette ville si des forces étrangères n’en avaient pas décidé autrement.

    En effet, privé de munitions et de renforts, ce mouvement affilié à la Plateforme des groupes armés du nord du Mali a été contraint de battre en retraite. Pourquoi la France et sa Minusma s’opposent-t-elles donc à une issue inexorable pour régler définitivement le cas de Kidal, c’est-à-dire la solution armée ?
    C’est au moins les 3ème fois que les forces françaises empêchent la Plateforme de régler pour de bon la question de Kidal.

    En 2014, Didier Dakouo et El Hadj AG Gamou s’étaient retrouvés à la porte de cette ville à la suite d’une opération éclaire. Mais, les forces armées maliennes avaient été sommées de ne pas poursuivre leurs missions de reconquête de la souveraineté territoriale du Mali. Pis, Koulouba avait été sommé de rappeler les deux valeureux Officiers à Bamako pour les éloigner du théâtre des opérations.

    Il y a un an, la Plateforme républicaine avait pris position à Anéfis après avoir chassé la CMA de Ménaka et de cette localité. Et la prise de Kidal n’était qu’une question d’heure.

    Sentant leurs alliés aux abois, la Minusma et la France ainsi que la présidence malienne ont exercé une pression énorme, allant jusqu’à menacer d’engager des actions militaires contre les éléments de la Plateforme, pour quitter cette position stratégique aussitôt occupée par les groupes de la CMA.

    L’opération Serval a pris fin aux portes de Kidal car, pour l’Elysée et le Quai d’Orsay, elle visait à anéantir la menace terroriste alors que la situation de la capitale de l’Adrar des Ifoghas serait une cuisine interne.

    Il s’en est suivie la pression politique et diplomatique pour que Bamako puisse engager les négociations avec les Mouvements armés sous l’égide de l’Algérie, chef de file de la supposée médiation internationale.

    Cette fois, moins d’une journée de combat avait permis au Général Gamou et ses hommes de prendre tous les points stratégiques de Kidal au MNLA, au HCUA et surtout à Ançar Dine. Et une fois de plus, la France s’en est mêlée empêchant ce groupe de recevoir des renforts et des munitions le contraignant ainsi à se replier faute de munitions et de médicaments pour soigner les blessés.

    Les ambigüités de la présence malienne au nord du Mali

    «Grâce aux forces étrangères la CMA contrôle la ville de Kidal», confesse une source militaire occidentale à Bamako.

    Pourquoi la France, qui se veut neutre face à la situation à Kidal (comme une prostituée qui se dit vierge), prend-t-elle toujours position en faveur des Ifoghas aux dépens des Imghads ? Pourquoi s’oppose-t-elle chaque fois à la résolution définitive de la «question de Kidal» ?Et cela nous amène encore à poser cette éternelle question : Que fait la France au nord du Mali ? Est-ce réellement pour lutter contre le terrorisme au Mali et au Sahel ?

    Il faut être aveugle comme IBK et son gouvernement pour croire en cela. Depuis le début du processus (paix et réconciliation) d’Alger, nous n’avons cessé de rappeler que Kidal est aujourd’hui le verrou qu’il faut sauter pour parvenir à la paix dans notre pays. C’est le fief du terrorisme qui demeure la principale menace à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix.

    Et la clef, pour sauter ce verrou, c’est indéniablement le Général Gamou qui, en plus d’être un Officier des Forces Armées maliennes, a la légitimité de se battre pour sa présence dans cette région et sa capitale.
    Les experts qui sont objectifs dans leurs analyses savent pertinemment que sans la présence militaire malienne dans l’Adrar des Ifoghas, il est utopique de vouloir contrôler les mouvements des réseaux terroristes et de les anéantir.

    Il est également clair que la vraie motivation de la France à maintenir Kidal comme un no man’s land au sein de la République du Mali est contradictoire à sa volonté de combattre le terrorisme.
    En tout cas, si cette volonté était sincère, elle n’allait pas tenter de livrer GATIA aux ennemis de la paix et de la République.Iyad Ag Ghali, l’une des plus grandes menaces aujourd’hui aux intérêts de la France en Afrique subsaharienne, est en fait l’instigateur de ce conflit permanent entre Ifoghas et Imghads à cause de la haine viscérale à El Hadj Ag Gamou.

    Mais, nous savons que l’une des raisons de cette haine est que Gamou est resté fidèle et loyal à la République du Mali. Et cela malgré les intimidations et les tentatives de récupération, notamment de la France et d’AQMI. Il est l’un des rares intégrés de sa génération (avec le Colonel-major Takini Ag Intikane) à ne s’être pas retourné contre sa patrie.

    HCUA, le Cheval de Troie à la solde d’Iyad et Bilal Ag Chérif

    Après près de trois ans de déni, la France reconnaissait enfin en juin dernier le «double jeu» du HCUA avec les jihadistes d’Ançar Dine. Et des sources proches du ministre français de la Défense soulignaient que si cela devait être «toléré trop longtemps, la recherche de solutions sera compliquée».

    Et, curieusement, la même France s’oppose à un groupe dont le seul tort est de vouloir s’opposer à ce double-jeu. Les jeudi et vendredi derniers (21 et 22 juillet 2016), GATIA était surtout face aux combattants de HCUA qui, en réalité, sont les mêmes que ceux d’Ançar Dine. Et les forces françaises sont intervenues en leur faveur.

    Le HCUA a récusé l’accusation de la France qui était presque la seule à n’avoir pas compris que ce groupe n’est qu’un visage trompeur, un Cheval de Troie, d’Ançar Dine. La majorité des combattants du HCUA sont issus de la supposée dissidence d’Ançar dine.

    Le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) est un mouvement politique et militaire créé le 2 mai 2013 par Mohamed Ag Intalla sous le nom de Haut conseil de l’Azawad (HCA) avant d’être rebaptisé le 19 mai. Ce dernier va rapidement bénéficier du soutien de son père, l’Amenokal Intalla Ag Attaher, chef coutumier des touareg Ifoghas qui quitte le MNLA pour rejoindre le HCUA.Son frère, Alghabass Ag Intalla annonce le 19 mai 2013 la dissolution du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) au profit du HCUA. C’était le jour où le Haut Conseil de l’Azawad s’était réuni à Kidal pour désigner l’Amenokal Intalla Ag Attaher à sa présidence. Son fils, Mohamed Ag Intalla, en est élu secrétaire-général. Le même jour, le HCA a changé de nom pour devenir le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA).

    Le 2 juin 2013, ce mouvement et le MNLA ont signé un accord pour adopter une position commune lors des négociations qui ont abouti à l’Accord de Ouagadougou (Burkina) ayant permis l’organisation des élections présidentielles et législatives au Mali.

    Cela parce que la France avait besoin de légitimer sa présence dans le nord de notre pays. Il fallait sortir de la transition pour doter l’Etat un pouvoir légitime.

    Le 2 juin 2013, ce mouvement et le MNLA ont signé un accord pour adopter une position commune lors des négociations qui ont abouti à l’Accord de Ouagadougou (Burkina) ayant permis l’organisation des élections présidentielles et législatives. Et c’est par la suite qu’Alghabass Ag Intalla devient secrétaire-général du HCUA et prend la tête d’une délégation de 30 personnes du MNLA, MAA et HCUA lors des négociations d’Alger ayant abouti à l’Accord pour la paix et la réconciliation signé par les protagonistes le 20 mai et le 15 juin 2015 à Bamako. L’essentiel des forces du HCUA est constitué de «transfuges» d’Ançar Dine. C’est pourquoi il représente l’essentiel de la composante militaire de la CMA.

    Supposée combattre le terrorisme, donc Iyad Ag Ghali et acolytes, la France préfère curieusement neutraliser le groupe qui doit être son allié le plus sûr pour atteindre ce but. Il apparaît donc clairement que l’éradication de la menace terroriste n’est pas la vraie motivation de la présence française dans le nord du Mali.

    Carton Jaune à IBK, boycott économique de la France

    Et là où le bât blesse davantage, c’est quand le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita suit son « ami » Hollande dans son dessein d’éliminer le Général Gamou pour faire plaisir à ses adversaires Ifoghas.

    Les révélations à la presse et sur les réseaux sociaux de Fahad Ag Almamoud, secrétaire général du GATIA (suite à la reprise des hostilités le 21 juillet 2016 entre son groupe et le HCUA), n’étaient qu’un secret de polichinelle depuis la visite de Bilal Ag Achérif (secrétaire général du MNLA) à Bamako. C’était à l’occasion du premier anniversaire de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.

    Pour la circonstance, Koulouba lui a étalé le tapis rouge et le président de la Commission Défense de l’Assemblée nationale (aussi le vrai ministre de la Défense) était fier de se montrer à ses côtés.

    GATIA est devenu subitement trop gênant à Kidal depuis cette visite de Bilal Ag Achérif. «IBK a donné plusieurs garanties à Bilal quand il est venu à Bamako.
    Premièrement, la nomination de Mohamed Ag Erlaf comme Premier ministre en janvier 2017», explique les responsables politiques de GATIA.C’est ainsi que la tête d’El hadj Ag Gamou est mise à prix. Et LadjiBourama aurait promis à Bilal de confier la gestion de toute la zone de Kidal à la CMA et d’offrir des passeports diplomatiques à ses responsables.En échange de quoi ? C’est la question que nous sommes tentés de nous poser. En tout cas, on se rappelle que lors des élections législatives maliennes de 2013, deux membres influents du HCUA ont été élus députés sous la bannière du Rassemblement pour le Mali (RPM) d’IBK. Il s’agit de Mohamed Ag Intalla (élu à Tin-Essako avec 100 % des voix) et Hamada Ag Bibi (élu à Abeïbara avec 96,69 % des voix), ancien porte-parole d’Ançar Dine ensuite rallié au MIA pour sauver sa tête. Ceci peut justifier cela !

    Mais, dans tous les cas de figure, IBK et ses nouveaux alliés doivent comprendre que leur marge de manœuvre est très limitée car ce valeureux Officier n’est pas friand des honneurs et des faveurs. C’est un homme de devoir prêt à se sacrifier pour sa communauté. Il est de ceux qui sont déterminés à sauver ce Mali blessé et meurtri, même au risque de leur vie.Ne serait-ce que pour se réconforter de l’ingratitude des dirigeants actuels du pays. La nation doit se mobiliser pour soutenir le Général Gamou qui est sur la voie de la légalité, de la légitimité, du patriotisme, de la fidélité et de la loyauté à la République laïque du Mali.

    Nous pensons qu’il est temps que le peuple malien exhibe un carton jaune au pouvoir et envoie à la France et à tous ses alliés pour la déstabilisation du Mali un message patriotique fort leur faisant comprendre qu’ils peuvent posséder ceux qui les dirigent, mais jamais les Maliens. Et aujourd’hui, pensons-nous, l’arme la plus efficace est celle du boycott économique.

    Guerre à Huis-clos / Kidal : comment Barkhane et Minusma ont bloqué le Gatia
    Par L’Indicateur du Renouveau – Date: il ya 6 heures 7 minutes
    Les leaders du Gatia continuent d’expliquer les dessous des combats de la semaine dernière à Kidal. Ils accusent la Minusma d’avoir manœuvré pour la Coordination des mouvements de l’Azawad.
    A nos confrères du Journal du Mali, Azaz Ag Loudagdag, président de la Coordination Imghad, qui était présent à la réunion de Niamey, a effectivement soutenu que « le Gatia a effectivement pris plusieurs quartiers, entre-temps il y a eu des renforts du côté de la CMA, et les renforts qui sont venus, certaines personnes estiment que c’étaient des jihadistes ou autres, mais je ne suis pas formel ». Il a continué en rappelant qu’ »il y a eu une médiation de la Minusma en la personne de Ponde Bruno, le chef de la Minusma à Kidal, qui a demandé aux uns et aux autres de quitter la ville, le général Gamou et Cheick Ag Haoussa ont été d’accord ». Mais « ce dernier a fait semblant de quitter pour ensuite retourner dans la ville.Donc, la CMA est restée tandis que le Gatia était hors de la ville, maintenant je ne suis pas étonné que le Gatia cherche à rentrer de nouveau dans la ville de Kidal ».Et pour « ceux qui disent qu’il s’agit d’une déroute, ils peuvent aller vérifier à la Croix-Rouge. C’est leur façon de communiquer, mais la réalité, croyez-moi, est tout autre ».

    Hier, un lieutenant du général Gamou, présentement en séjour à Bamako, est revenu sur les événements. « Après avoir pris des quartiers, la Minusma a compris que la CMA allait perdre le contrôle de Kidal, elle a laissé entrer en ville leurs renforts qui sont venus des bases des jihadistes aux ordres d’Iyad Ag Ghaly.Tout le monde sait que la CMA ne pèse rien militairement aujourd’hui, la Minusma a demandé aux forces Barkhane de bloquer la progression des combattants du Gatia.

    Les soldats français sont allés jusqu’à menacer de nous tirer dessus si on forçait. En tout cas, aujourd’hui, la CMA est cantonnée dans la ville et n’est plus libre de ses mouvements. Nous avons bloqué toutes les routes menant à Kidal ».Un état de siège avant celui de guerre.

    Maliki
    Source: L’Indicateur du Renouveau

    « Pour être clair : rebelles ou djihadistes s’appellent tous la France à Kidal » par ABDOUL NIANG ; NietaKibaru/MaliJet du 28 Juillet 2016.

    Le Nord du Mali semble devenir un panier à crabes, un repaire pour des groupes criminels hétéroclites sans principes ni idéologie, sinon terrifier et horrifier les populations civiles, détruire les biens culturels, profaner les mausolées, déstabiliser les régimes légitimes et modérés, remettre en cause l’unité nationale et l’intégrité territoriale des pays.
    Ces hordes sont, certes, distincts de par leur dénomination et leurs modes opératoires, mais que ça soit le MNLA, le HCUA, le MUJAO, ANSAR DINE, AQMI…tous s’inscrivent dans un même projet colonial, celui d’affaiblir les Etats et les armées, celui de faire de nos pays des foyers de tension avec des répercussions graves sur tous les domaines de la vie, comme le chômage élevé des jeunes, la propension des épidémies, l’aggravation conséquente de la pauvreté , bref, briser l’élan des pays vers le progrès socio-économique et culturel.

    Le cas du Mali est une illustration parfaite de ce nouveau Business. En effet, les groupes séparatistes et djihadistes coalisés se sont attaqués à l’armée nationale en janvier 2012 et ont réussi à occuper le Nord après le coup d’Etat du 22 Mars pour enfin proclamer en France l’indépendance de l’Azawad. Puis, les « deux tendances »-séparatistes et djihadistes- signèrent une entente pour la République Islamique de l’Azawad, entente qui vola en éclats les jours, voire les heures qui ont suivi. A Gao, le MUJAO finit par bouter les séparatistes hors de nos frontières.

    L’attaque de KONNA, élément déclencheur de l’intervention française, n’a pas encore révélé ses non-dits. Si la « mission de sauvetage » de l’ex colonisateur a eu l’onction populaire au départ, la déception ne tarda pas à se manifester chez les maliens qui ont été surpris de voir la course de leur armée s’arrêter à Gao. Ainsi, la « libération » de Kidal s’est faite sans l’armée malienne au profit de Serval et du contingent tchadien. Le MNLA qui avait fui devant les barbus en Mauritanie est revenu dans les bagages de Serval s’installer royalement à l’Adrar pour reprendre ses propagandes indépendantistes.

    Kidal va ainsi abriter un monde merveilleux et inédit : Iyad Aghaly le terroriste, « recherché » par la France, mais négocie la libération des otages français détenus, semble-t-il, par AQMI moyennant billets d’Euro ; le MNLA laïc et fréquentable selon l’Occident coopère avec Serval et MINUSMA, AQMI qui se pavane à l’intérieur au vu et au su de tout le monde, l’armée malienne qui finalement entre dans ce cercle, mais désarmée avec un effectif de 200 pas plus ! Sans oublier les narco-trafiquants qui peuvent être l’un ou l’autre de ces groupes cités.

    Qui assure la bonne cohabitation de tous ces groupes que tout semble opposer ? Là est toute la question. En tout cas, le Maître à Kidal est sans conteste l’Hexagone et son Serval-Barkhane.

    Après la signature de l’accord issu du processus d’Alger, deux axes se sont dégagés : l’axe du Bien incarné par le MNLA-CM incluant les anciens barbus ennemis de la France et l’axe du Mal qui comprend les terroristes que Serval-Barkhane doit combattre « par tous les moyens ».

    A la surprise générale, l’affrontement avec les FAMA issu de la visite de l’ancien premier Ministre Moussa Mara a démontré que tous ces groupes armés étaient liés avant que la France ne confirme récemment une connexion entre le HCUA et les terroristes. HCUA qui est d’ailleurs un membre de la CMA formée à partir d’anciens éléments de ANSAR DINE, un mouvement djihadiste. Ce sont toutes ces bandes-séparatistes et djihadistes-, appuyées par le chef d’orchestre de Kidal, qui ont combattu l’armée malienne qui a dû quitter cette région.

    Le même scénario s’est produit la semaine dernière lorsque GATIA a tenté de sauter les verrous de la capitale de L’Adrar.

    Il faut donc comprendre que ces groupes armés ne constituent que des mercenaires, agents qui pillent, amputent, massacrent pour justifier l’intervention honteuse des leurs maîtres voyous avides des ressources naturelles, qui à son tour les protègent. Chacun d’eux ne représente qu’une tentacule de la même pieuvre. Et pour le cas du Mali, la pieuvre, c’est l’Elysée.

    Alors à Kidal, rebelles et djihadistes s’appellent tous la France.


    « Une situation prémonitoire à Kidal. » par AG AZAMANE sur le forum de Kidal Info de 2009 !
    Bonjour les forumistes du Dimanche,
    J’ai le plaisir de copier et de partager deux textes datés de 2009 qui vous remettront à jour concernant la bonne compréhension de ce qui se passe à Kidal en ces temps de guerre pour la libération des Régions du Nord Mali.
    Sincèrement
    ……
    Ifoghas ont perdu leur suzeraineté politique dans l’Adagh-n’Fogahs !
    Source:Maliweb : Le Quotidien de Bko paru le 19-05-2009
    « Chasser le naturel, il reviendra toujours aux galops» tel semble être désormais le triste destin de Kidal où la vie des populations est suspendue aux rumeurs fondées ou fallacieuses d’une menace d’attaque. Cette fois ci, la menace est sérieuse, très sérieuse. Après des informations faisant état d’un mouvement suspect de troupes rebelles vers Nampala à la frontière Mauritanienne, c’est le président sortant de l’Assemblée régionale, Intahmadou Ag Albacher, qui après une cinglante défaite électorale menacerait de reprendre le maquis. Vulgaire chantage ou plan minutieusement ourdi ? Rien n’est exclu.

    En effet, une série d’informations s’enchainent sur la situation de paix précaire dans les régions nord de notre pays ces trois derniers jours. D’abord, nous apprenons que les responsables de Al Qaïda ont renoncé à leur revendication tendant à demander la libération d’un de leurs éléments détenus en Grande Bretagne contre les deux otages européens qu’ils détiennent encore, quelque part, dans le nord du Mali. Ils demanderaient plutôt (cette fois ci) une rançon de 10 millions d’Euros.

    Presqu’au même moment, Ag Bahanga qui ne voulait pas, dans un premier temps, collaborer avec AIQM de Mokhtar Ben Mokhtar, vient de manifester, selon certaines sources bien informées, un pacte d’allégeance avec Al Qaïda. Cette allégeance s’est illustrée le week end dernier par un mouvement de troupes à Nampala, une bande désertique à la frontière mauritanienne.

    Pour des raisons que l’on peut bien comprendre, les sources militaires restent muettes comme une carpe sur la question. Mais sur le terrain, la situation est sous contrôle semblent dire nos sources. « L’armée malienne n’entend plus se laisser surprendre sur le front, » nous a confié un proche collaborateur du cabinet du ministre de la défense.
    Mais que faire, lorsque l’ennui vient de celui qui fut le plus précieux partenaire de l’armée et des services de sécurité dans la gestion de la crise?
    C’est là toute la question.
    En effet, les dernières élections communales se sont soldées par la défaite de l’équipe dirigeante de la municipalité de Kidal. Ainsi, sur les 23 conseillers, l’ADEMA n’a obtenu que 6, derrière le mouvement citoyen qui s’adjuge 8, le CNID 4, le RPM 3 le PDM et une autre nouvelle formation politique se sont retrouvés chacun avec 2 conseillers.
    Au regard, de ce tableau, il se dégage nettement une tendance au changement de l’échiquier politique local.

    La défaite électorale de l’ADEMA, avait déjà commencé à produire des indices inquiétants dont la lecture n’est facile que pour ceux qui connaissent les méandres du « tabernacle » politique local de Kidal.

    Originellement, il s’agit de la défaite d’un leadership politique légendaire, profondément ancré dont les manœuvriers sont connus pour être des acteurs du défunt mouvement MPA des années 1994. Donc appartenant au groupe de nouveau repentis. Il s’agit des membres de la famille INTAHLA qui tenait le monopole de la gestion de la ville de Kidal. Jusqu’aux dernières élections communales, le conseil du cercle, et l’assemblée régionale étaient dirigés par les membres de cette famille. Il est important de rappeler que le député Athahib Ag Intahla est de cette même famille du président sortant de l’Assemblée régionale.

    La « mort certaine » de cet « empire » dont l’implication de certains éléments (n’était plus qu’un secret de polichinelle) dans l’activisme récent d’Ibrahim Ag Bahanga, n’est donc pas sans conséquence sur la paix et la stabilité dans la région de Kidal.

    Depuis maintenant plus d’une décennie, la région est sous l’emprise d’une administration dont les premiers responsables, c’est-à-dire le président de l’assemblée régionale, et sa famille, trimballent toujours des Kalashs en bandoulière ou sous leurs amples boubous. L’énorme turban qu’ils enfilent dissimule malheureusement mal un visage chargé de mépris pour les intérêts de leur communauté.

    En tout cas, pour lui et ses camarades, c’est bien la fin d’une époque et le début d’une autre, celle des dures réalités de la vie d’un citoyen ordinaire de Kidal. Une misérable vie qu’ils avaient imposée à leurs mandants à longueur de mandat.

    Comment éviter le pire ?

    Aujourd’hui, tous les indices laissent à croire que la paix à Kidal est à nouveau menacée avec le nouveau contexte qui s’impose. Mais comment donc gérer cette déchéance dramatique de ceux qui croyaient éternellement régir la vie quotidienne des populations de Kidal ? L’équation qui se pose ainsi est à plusieurs inconnus dont le premier est la force de nuisance des nouveaux maquisards.

    Il ne faut pas se tromper. Il s’agit de véritables « taupes » qui ont réussi à infiltrer tous les circuits de gestion de la crise du nord et qui ont été associés aux différentes négociations avec Ag Bahanga. Il s’agit aussi de gens qui ne doivent leur survie qu’à la rébellion dont ils se nourrissent et s’enrichissent au péril de la paix.

    L’émergence d’une nouvelle force politique qui cherche encore ses marques, est loin d’être un motif de relâchement pour les autorités du Mali. Au contraire, son implantation et son ancrage incertain soumettront encore notre pays à des épreuves dont la gestion s’avère délicate et complexe.

    En attendant, il faudra à tout prix parvenir à anéantir la colonne de bandits venant de Nampala et gérer les téméraires de Tagharghar.
    Abdoulaye Niangaly

    Contribution de l’anthropologue français André Bourgeot d’Août 2009:
    Adagh n’Foghas pour Ifoghas

    Dans l’analyse qui suit, je ne prendrai pas en compte les contributions produites par des responsables européens de projets de développement confrontés à des réalités bien concrètes qui les ont conduit à être déçus de la Targuité utilisée à des fins personnelles et instrumentalisée , « marchandisée » comme un quignon de pain. Non que cet aspect ne présente pas d’intérêt, bien au contraire (les distorsions entre le dire et le faire sont légions) mais c’est là l’objet d’un autre débat.

    Je m’appuierai donc sur deux textes : l’un intitulé «La Targuité : Réalité tangible ou fonds de commerce douteux ? » du 04/08/2009 – l’autre « Toumast en danger de mort » du 15/08/09 de Mohamed AG HAMATY, alias « Wartehen » sur le forum de débats autour du thé de Kidal Info..

    Chaque texte, à leur manière introduisent trois catégories sociologiques pour décrire les transformations sociales, politiques et économiques que connaissent les sociétés touarègues en général et plus particulièrement celle des Kel Adagh. (« ceux de l’Adagh », Adagh désignant la « montagne » située dans l’extrême septentrion malien vers l’Algérie).

    Sauf erreur de ma part, c’est l’administration coloniale qui a cru bon d’accoler à Kel Adagh, l’appellation lignagère de la chefferie locale à savoir les Ifoghas, leur conférant ainsi implicitement des « droits » d’appropriation sur un territoire et sur les hommes qui y vivent, transformant ainsi l’Adagh en Adagh n Ifoghas (« L’Adagh des Ifoghas ») valorisant, conférant et institutionnalisant un pouvoir politique territorial des Ifoghas sur l’Adagh.

    On remarquera qu’à aucun autre espace ou région géographique, n’est accolé le nom d’une chefferie quel qu’en soit le niveau. En effet, en terme d’unités politiques autonomes les unes des autres (les « ettebel » ou « confédérations » selon la terminologie administrative-coloniale), les Kel Tamasheq, selon leurs catégories endogènes utilisent : Kel Ahaggar (« ceux de l’Ahaggar ») Kel Aïr (« ceux de l’Aïr », Kel Azawad (« ceux de l »Azawad »), etc. Ces appellations géographiques ne sont pas assorties de dimensions politiques. Elles se réfèrent à des massifs montagneux (Aïr, Ahaggar, Adagh) ou à des plaines (Ezawagh ou Azawad selon les endroits). Une autre manière de les classer repose sur l’utilisation de points cardinaux notamment sur l’opposition Est et Ouest : et associés à une appellation « tribale ». Il apparaît ainsi que seuls les gens de l’Adagh sont affublés d’une dimension politique dans leur dénomination introduite par la colonisation. Cet aspect est loin d’être insignifiant et neutre. Il appartient aux intellectuels et historiens locaux de rechercher quel est ou quels sont les administrateurs coloniaux qui sont à la source de cette transformation politiquement significative.

    Par exemple, l’appellation Kel Ahaggar désignant les gens de l’Ahaggar, toutes catégories sociales confondues (aristocratie autrefois guerrière, tributaires, religieux, esclaves, affranchis) ne recèle pas de connotations politiques territoriales. Pourquoi?

    Une des dynamiques fondamentales des sociétés touarègues réside dans le fait que les stratégies de domination et de conquête n’ont pas pour finalité une expansion territoriale mais la « conquête » des populations occupantes. Car en contrôlant des hommes on contrôle les territoires qu’ils occupent. C’est là une des raisons pour lesquelles les espaces politiques touaregs sont flexibles. Ainsi, l’enjeu politique fondamental est donc le contrôle des hommes. Les structures sociales et les organisations des systèmes politiques touaregs (endogamie sociale, hiérarchie socio-politique étanche) incorporent ces stratégies de conquête des hommes : en contrôlant des hommes on contrôle des territoires.

    Or, les « gens de l’Adagh » ont été affublés d’une dimension politique accordée au lignage dominant à savoir les Ifoghas constitutif d’un « ettebel » (unité politique incorporant toutes les catégories sociales) Il suffisait à l’administration coloniale de franchir un pas et de transformer cette montagne en un territoire politique dénommé par le lignage dominant et « tribalement » homogène, constituant ainsi un « isolat » tribal assorti d’une assise territoriale porteur de la conception d’un territoire autonome « tribalement propre et pur ». A l’évidence de tels processus sont d’une gravité extrême car en période de crises profondes, les réactions épidermiques animées par des groupes à la radicalité dangereuse peuvent conduire à des formes d’exclusion, voire « d’épuration » (pas encore physique). C’est un peu ce qui s’est passé avec les événements de Kidal qui ont conduit à refuser des emplois accordés, sur la base de compétences reconnues, par l’ONG Médecins du Monde, à des Touaregs de la région de Tombouctou et à des actes de vandalisme à l’endroit des locaux de cette ONG.

    Ces pratiques dont il importe de savoir si les autorités politiques locales les ont condamnées et sanctionnées, peuvent mettre en péril la paix en Adagh et peut être au-delà. Toutefois, il serait tout aussi dangereux de globaliser les responsables en accusant les Kidalois dans leur totalité, de ces évènements. Il s’agit de minorités agissantes qu’il nous appartient d’isoler et qui font le jeu de forces politiques externes et internes et qui ont intérêt à pratiquer le « diviser pour régner » et à créer des affrontements « tribaux » dans un contexte de compétitions multiples.

    On est là, bien loin de la Targuité et de la cause touarègue (logorrhée des années 90) et autrefois prônées comme valeur cardinale de la culture touarègue. Alors, dans ce contexte de tensions multiples aux origines diverses, ce serait une grave erreur politique de demander le départ de Touaregs résidents à Kidal mais ressortissants d’autres régions du Nord Mali : ce serait s’inscrire dans une logique « tribaliste » et faire le jeu des petits groupes radicaux dont l’assise sociale reste à démontrer : au contraire il faut exiger leur maintien.

    Ce sont là des faits qui interpellent à propos des flatteries « ethniques », « culturale-linguistiques » à caractère idéologique qui peuvent être dangereuses pour la démocratie républicaine et l’unité nationale. Dans des contextes de crises graves, les processus qui cheminent lentement et conduisent plus rapidement de l’ethnicisme au tribalisme et du tribalisme au repli sur les lignages sont, historiquement parlant, assez classiques, générateurs de « parcellisation territoriale » du pouvoir politique: et à une multiplicité de « petits pouvoirs » : L’Afrique, malheureusement, peut en témoigner.

    Je reviens à ma première idée. Ma question est la suivante : est-ce qu’une des racines des revendications « ethnicistes » (puis plus récemment, « tribalistes ») depuis 1963 de certains Kel Adagh ne réside-t-elle pas dans cette manipulation linguistique à caractère politique? Si ce raisonnement est juste et pertinent, alors reste à savoir quel est l’administrateur colonial qui a conféré un statut politique « à part » (j’allais écrire « statut particulier »…) à cette montagne? Il appartient aux intellectuels et historiens locaux d’en faire les recherches.

    L’histoire, associée à l’anthropologie (et réciproquement), peut appréhender les phénomènes récurrents et en fournir un éclairage, voire des explications.

    Ce n’est pas là une simple digression. J’en reviens aux trois catégories socio-économiques des deux textes auxquels je me réfère. Cette classification résulte partiellement, me semble-t-il, des bouleversements sociaux, politiques et économiques engendrés par les rébellions des années 90.

    Alors, la question que l’on peut se poser serait la suivante : compte-tenu des spécificités des systèmes politiques touaregs, leur histoire particulière (comme toute histoire…) à l’époque coloniale, les contextes de crises climatiques (1969-1973; 1982-1984), économiques (les plans d’ajustement structurels imposés par les institutions internationales telles que le FMI et la BM dans les années 80), et l’avènement du multipartisme du début des années 90 (contexte international de l’effondrement du bloc soviétique), la violence armée sous forme de rébellion ne renvoie-t-elle pas aux conditions particulières d’insertion de ces sociétés dans les processus de la mondialisation capitaliste hégémonique?

    Enfin, pour terminer (provisoirement) ces courtes analyses, j’ajouterai une 4ème catégorie (bien que ce ne soit pas mon vocabulaire..), à savoir l’émergence des tributaires (trivialement appelés « vassaux ») dans l’arène politique des Kel Adagh, et leur prise du pouvoir par les voies démocratiques au détriment de la chefferie locale, à savoir les Ifoghas (va-t-il falloir alors changer l’appellation « Adagh n Ifoghas et au profit de quelle autre?…..permettez-moi de suggérer : « Adagh n Mali »). C’est là un tournant fondamental qui fait plus que fissurer l’édifice politique dit « traditionnel ». Mais en définitive, cette lutte politique n’était-elle pas déjà inscrite dans les rébellions de 1990? Très schématiquement, n’assiste-ton pas là au passage d’un pouvoir fondé sur le sang (celui des Ifoghas) et construit par la colonisation, à un pouvoir issu des urnes par le peuple? Est-ce pour autant la fin de la colonisation? Pas si sûr : d’autres se pointent même si le terme « colonisation » aux fondements historiques bien précis n’aura plus la même pertinence politique.

    Bref ? voilà quelques analyses, à chaud, visant à alimenter les réflexions et les débats.

    André Bourgeot

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