Un nouveau front s’est ouvert au Mali avec les manifestations exigeant la démission du président, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, au pouvoir depuis 2013. Des dizaines de milliers de Maliens étaient de nouveau rassemblés à Bamako vendredi aux cris de «IBK dégage». L’immense pays du Sahel, déstabilisé par les groupes djihadistes et les violences communautaires, n’avait pas besoin d’une crise politique.

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Le «mouvement du 5 juin», date d’une précédente manifestation, rassemble des partis d’opposition, des organisations de la société civile, des activistes contre la corruption mais aussi les partisans de Mahmoud Dicko, un imam rigoriste devenu l’emblème de la contestation. A l’issue de cette nouvelle démonstration de force, le mouvement a rejeté les ouvertures du président IBK, qui s’était déclaré prêt à un gouvernement d’union nationale.

Le fait que Mahmoud Dicko soit érigé en opposant numéro un signale la montée de l’islam politique dans ce pays à 95% musulman. L’imam représente un islam rigoriste inspiré de l’Arabie saoudite, dont il a fréquenté les écoles coraniques, un courant pourtant minoritaire au Mali.