La semaine passée a été marquée par quelques évènements qui témoignent de la difficile situation d’un Mali qui cherche sa voie. Entre la visite du Premier ministre au Maroc, l’attaque du barrage de Djenné par des terroristes, la victoire des FAMAS à Dialloubé sur les mêmes terroristes et la rencontre du PM avec la Jeunesse malienne, c’est un Mali qui souffre mais tente, tant bien que mal, de faire marcher le pays.Soumeylou Boubeye Maïga : sa conviction est communicative...

A quelque quatre mois de l’élection présidentielle, la situation sécuritaire sur le terrain vient nous rappeler qu’il y a malheureusement encore beaucoup de travail à faire. En effet, l’attaque de jeudi dernier, du barrage de Djenné par un groupe de terroristes vient une fois de plus montrer combien la sécurité dans la Région de Mopti est loin d’être sous contrôle. Des assaillants venus nuitamment sur des motos, malgré l’interdiction de circuler de ces engins, se sont attaqués à un ouvrage dont on ne se demande encore pourquoi il n’était pas sous protection militaire. À cela s’ajoutent des rumeurs qui font état de la mise en garde faite par certaines populations, des autorités locales sur une possible attaque du site par des terroristes. Si cela était avéré, il s’agirait d’une faute grave car le barrage de Djenné est stratégique pour toute la zone pour ses retombées dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la pisciculture.

Cette attaque ne doit cependant pas faire oublier la victoire des Forces armées maliennes de sécurité sur les terroristes à Dialloubé, toujours la 5ème région administrative du Mali. Pour une fois et conformément à la stratégie du PM, les FAMAS étaient dans l’offensive ce même jeudi 08 mars 2018. Ce sont elles qui sont allées attaquer une base des terroristes du Front de libération du Macina, faisant, d’après des sources bien informées, plusieurs victimes dans le camp des ennemis de la nation malienne et saisissant des armes et des munitions. C’est de cette façon qu’on fera changer la peur de camp. Car si les terroristes se sentent terrorisés, ils perdront beaucoup de leur capacité de nuisance. Ces actions doivent être saluées par tous les Maliens de quelque bord qu’ils soient. Or c’est seulement lorsque les militaires maliens tombent sous le feu lâche des terroristes que les communiqués émanant de toutes les corporations du Mali sont lus à la télévision nationale, l’ORTM. Il convient aussi de saluer toutes les victoires des FAMAS sur les forces du mal.

L’actualité de la semaine écoulée a été également marquée par la rencontre entre Soumeylou Boubèye Maïga et les leaders jeunes du Mali. Ce genre de rencontre est si rare qu’il convient de s’y pencher un moment. On ne peut pas ne pas penser que la démarche du PM a quelque lien avec la prochaine élection présidentielle. En effet, SBM a ouvertement exhorté les jeunes du Mali à aller voter le 29 juillet prochain pour leur avenir, a-t-il intelligemment déclaré. Ce n’est pas faux puisque c’est en votant pour le candidat de leur choix que les jeunes du Mali participeront à la mise en place d’hommes et de femmes susceptibles de se pencher un peu plus sur leur sort de jeunes empêtrés dans toutes les difficultés à cause du peu de perspective favorable. Ce que SBM s’est abstenu de dire, c’est que un vote pour son mentor IBK serait souhaitable. Cependant, le fait de rencontrer les jeunes maliens et de parler avec eux en direct et sans tabous est un exercice si rare qu’il mérite d’être salué et encouragé. S’il est un domaine où le pouvoir d’IBK a énormément péché, c’est celui de la communication. Le Président de la République n’a accordé qu’un entretien à l’ORTM au cours de ces cinq années passées à la tête du pays. C’est très peu et cela pourrait être considéré comme un manque d’égard pour les Maliens qui l’ont élu, en 2013, à 77,66%.

Le voyage que le PM a effectué au Maroc, du jeudi au vendredi derniers, entre dans le cadre de la dynamisation des relations séculaires entre le Mali et le Royaume Chérifien. En effet, le Royaume du Maroc, pays émergent, peut apporter beaucoup au Mali d’autant plus que ce pays maghrébin est actuellement dans une dynamique de coopération tous azimuts avec les pays africains. Le Mali pourrait tirer un gros avantage de l’expérience marocaine dans l’agro-industrie, lui qui est un pays essentiellement agricole. Il en est de même du développement du secteur de l’urbanisme, Bamako étant la capitale africaine la plus expansive avec un taux annuel d’accroissement de 6%. En plus, le Maroc a une expérience avérée en matière de santé. Un accent particulier a été mis sur la formation en cours de 500 imams maliens à un Islam modéré et à visage humain. Dans le contexte de rigorisme religieux qui s’installe petit à petit au Mali, la formation d’imams maliens est de nature à contrer tous ceux qui veulent importer chez nous des idéologies à mille lieues de l’Islam de tolérance que notre pays connaît depuis le 7ème siècle.

Comme on le voit, Maliba navigue entre vents et marées. Il y a des hauts et des bas. Les difficultés qui l’étreignent de toutes parts ne l’empêchent pas de construire des projets d’avenir. Cependant, il doit être clair pour tous que le Mali ne s’en sortira pas avec le seul IBK et son gouvernement. Il y faut de la volonté et de l’engagement de tous les Maliens à tous les niveaux. Il est vrai que la gouvernance d’IBK est loin d’être innocente dans la difficile situation que traverse notre pays. Le Président de la République s’est fait trop d’ennemis, il a été l’objet d’attaques parfois des plus ignobles à cause de sa faible capacité d’écoute. Lorsqu’en 5 ans on se donne 5 Premiers ministres et 7 Gouvernements, cela signifie qu’on n’a pas trouvé ses marques et qu’on ne tire pas toutes les leçons des échecs passés. Beaucoup de Maliens, y compris ceux qui ont travaillé étroitement avec lui, pensent, à tort ou à raison, que le problème du Mali est IBK lui-même. Si d’aventure les Maliens lui faisaient encore confiance en août 2018, le Président de la République devra s’allier toutes les intelligences du pays car tout porte à croire qu’il a fait beaucoup de mauvais choix au cours de ce premier mandat en n’écoutant pas ceux, rares, qui ont osé lui dire qu’il se trompait sur certains dossiers, dans certaines décisions. Le vrai chef, c’est celui qui sait écouter ses ennemis. Ne dit-on pas chez nous : « Si tes amis n’osent pas te dire la vérité, alors payent tes ennemis pour qu’ils te la disent ». L’erreur est humaine (Errare humanum est). Y persister est pernicieux.

Diala Thiény Konaté,http://maliactu.net/mali-des-hauts-et-des-bas/