Marche des enseignants, Bamako, 5 avril 2017 (Aliou Hasseye/maliactu.net)
Marche des enseignants, Bamako, 5 avril 2017 (Aliou Hasseye/maliactu.net)

Pendant que le dialogue est toujours au point mort, les syndicats de travailleurs pensent que le chamboulement gouvernemental constitue une simple « question d’homme ».

« Le changement de gouvernement est d’ordre politique. Nous, en tant que syndicats, ce qui est important c’est la prise en compte de nos revendications quelle que soit la personne », commente le Docteur Chaka Keita, secrétaire général du Syndicat des médecins du Mali (SYMEMA).

Ce syndicat participe à la grève illimitée qui paralyse les secteurs de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la femme depuis plus d’un mois. Les négociations sont « toujours au même point ». Sur les huit points de revendication des syndicats, un seul a été accepté par le gouvernement : la prise en charge à 100% de l’assurance maladie des agents de santé.

Au niveau de l’éducation, un collectif de six syndicats regroupés sous le vocable de « syndicats signataires du 15 octobre 2016 » observe une grève de dix jours depuis lundi 10 avril. Cette cessation de travail risque de se transformer en grève illimitée. Le spectre d’une année blanche plane. Là également, aucune évolution dans les négociations. Face aux enseignants qui « exigent » du gouvernement la mise en œuvre de l’accord du 8 janvier 2017, celui-ci n’a apporté « rien de nouveau » lors de la dernière session des négociations qui date du 6 avril.

La faute du statu quo est imputable au « dialogue de sourd » que les syndicats reprochent au gouvernement, particulièrement aux deux anciens ministres qui avaient la charge de la santé et de l’éducation.

Avec la constitution du premier gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga, les syndicats nourrissent l’espoir d’une relance des négociations en vue d’un dénouement rapide de la crise. Ils restent toutefois droits dans leurs bottes.

« Nous attendons beaucoup de ce ministre. Concrètement, nos attentes, c’est de faire face au problème actuel, c’est-à-dire nos points de revendication, de s’investir mieux et de mettre tout son poids pour l’application [de l’accord] », plaide Adama Fomba, Secrétaire général du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités (SYPESCO).

La position des syndicats  n’a pas flanché. Plus inquiétant, des lendemains sombres se profilent avec l’entrée en jeu de l’UNTM, la principale centrale syndicale du Mali. Elle menace de paralyser tout le pays si le gouvernement continue d’ignorer les revendications des syndicats.

Aliou Hasseye http://maliactu.net/mali-nouveau-gouvernement-pas-dimpact-sur-les-greves-en-cours/

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