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TERRITOIRES ET ACTIONS

La Tribu Kel Ansar et alliés chez IBK pour lui apporter leur soutien et lui renouveler leur confiance

Le président de la République, chef de l’État, Ibrahim Boubacar Keïta, a accordé en milieu une audience à la tribu Kel Ansar et alliés conduite par M. Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, chef général de ladite tribu. Au cours de cette rencontre, il a essentiellement été question de reconnaissance à IBK pour tout ce qu’il a pu entreprendre et est en train d’entreprendre dans une démarche inclusive en faveur de la paix et de la réconciliation au Mali, et également tout son soutien à leur communauté qui ne date pas d’aujourd’hui.Audience : la Tribu Kel Ansar et alliés chez IBK pour lui apporter leur soutien et lui renouveler leur confiance

Profitant de l’occasion, M. Majid a déclaré : «Les Kel Ansar ne ménageront aucun effort pour contribuer à l’aboutissement du processus de paix en cours. Nos actions récentes entreprises sur le terrain l’attestent», a insisté M. Majid. Poursuivant sa déclaration, il a réitéré sans ambiguïté leur soutien à IBK en vue des élections qui se profilent à l’horizon. Allant dans le même sens que le chef général de la tribu, la princesse Belkisse El Ansary, au nom des femmes, a renouvelé la confiance des siennes au chef de l’Etat IBK.

Pour assurer IBK qu’ils continueront à suivre la voie tracée en eux par le défunt chef de tribu, Mohamed Aly Ag Mohamed Elmehdi Ag Attaher, M. Majid a mis en exergue une citation de ce dernier : «Les Chefs d’Etat du Mali m’ont tous aidé, vous Monsieur le président de la République, vous m’avez trouvé enterré vivant et vous m’avez déterré» fin de sa citation.

IBK a reçu de ses visiteurs des symboles de leur reconnaissance à savoir un exemplaire du Saint Coran et un sabre qui, selon eux, ont tout leur sens dans leur geste.

En réponse, Ibrahim Boubacar Keita s’est dit très fier et content de recevoir ses frères et sœurs qui ont parcouru une longue distance pour venir le saluer et lui renouveler leur confiance. Selon IBK, cela ne saurait mentir en citant et en rendant hommage à leur défunt chef de tribu.

«J’ai le cœur chaud, je n’en suis pas étonné sachant qui vous êtes», a déclaré IBK. Le chef de l’Etat n’a pas manqué de rappeler à tous et à toutes l’union sacrée pour le Mali face à l’ennemi qui cherche à nous diviser. «Nous ne sommes rien, mais le Mali est tout», a martelé IBK.

Sinaly KEITA, http://malijet.com/actualte_dans_les_regions_du_mali/rebellion_au_nord_du_mali/205911-audience-la-tribu-kel-ansar-et-allies-chez-ibk-pour-lui-apporter.html

1 commentaire pour La Tribu Kel Ansar et alliés chez IBK pour lui apporter leur soutien et lui renouveler leur confiance

  • AÏTA

    Pour mémoire, je me rappelle de ce que je disais des kel Antéçer de Goundam et je fais les extraits significatifs suivants en clignant l’œil gauche à mes amis Yvonne et Gervais:

    « Mohamed El Mehdi Ag Attaher El Ansari, Amenokal de Tombouctou : Un partisan du Mali de première heure s’en est allé » par B. Daou duLerepublicainmali du 15 Janvier 2015.
    L’Amenokal des Touaregs de Tombouctou Mohamed El Mehdi Ag Attaher El Ansari (chef et patriarche des Kel Antessars), est décédé le 28 décembre dernier, à la suite d’une longue maladie à l’hôpital du Point G à Bamako. Il s’agit d’une grande figure du Mali qui s’en est allé. « Après les cérémonies funèbres de notre père le défunt Mohamed Elmehdi Ag Attaher, Chef général des Kel Antassars de la Région de Tombouctou, toutes les grandes familles de la communauté adressent leurs sincères remerciements aux plus hautes Autorités et à tous les amis, alliés de la famille pour le soutien au défunt », indique un communiqué de la famille du défunt en date du 10 janvier 2015.
    Les membres de la famille de l’Amenokal, viennent de désigner pour lui succéder dans le cadre de la continuité des affaires, son neveu Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed, dit Nasser, 45 ans et inspecteur de douanes, selon le communiqué. La famille, « par respect à la mémoire du défunt et par patriotisme, assure de sa détermination à l’unité du pays, à la cohésion sociale et à la laïcité de la République pour l’honneur du Mali et pour le bonheur des Maliens », souligne le communiqué. La famille du défunt remercie les illustres personnalités et toutes les délégations qui ont fait le déplacement pour présenter leur condoléance et partager la douleur avec tous les Kel Antessars.
    Selon l’Essor du 14 janvier 2014, « Mohamed El Mehdi, né en 1923, était issu d’une longue lignée de chefs traditionnels de la tribu Kel Ansar à laquelle revient depuis le VIème siècle, la chefferie de tous les Touaregs de la région de Tombouctou ». Selon le quotidien national, la confédération El Ansar comprenait avant la pénétration coloniale les Touaregs, mais aussi les autres communautés (sédentaires et nomades) vivant de l’est mauritanien actuel jusqu’à Timtaghène (l’extrême est malien actuel) et de Taoudenit (nord de Tombouctou) aux berges du fleuve Niger (au sud de Tombouctou).
    Homme de paix et chef extrêmement charismatique, l’illustre disparu a particulièrement marqué l’histoire politique du Sahara central, du Soudan français et de la République du Mali. Il a constamment entretenu les relations de bon voisinage avec ses pairs des autres confédérations, notamment Intallah Ag Attaher des Ifoghas (décédé fin 2014) ; Hamato Ag Fihroun, Omayyata Ag Achaïbane et Moradisse Ag Adaghib des Imouchar (Iwillimiden et Tindjer Edjef); Mahmoud Ould Dahmane des Berabiches ; Boudamha Ould Badi et Baba Ould Cheikh des Kounta (décédé aussi en décembre 2014) ; les chefs peulhs du Macina ; les chefs sonraï de Tombouctou et Gao et enfin, les Oulad Daoud du Hodh Chargui (Mauritanie).
    En tant que chef traditionnel de la plus puissante confédération du futur Nord du Mali, Mohamed El Mehdi a été le principal artisan de l’échec du projet colonialiste de maintenir la présence française dans le Sahara, projet qui s’était notamment appuyé sur la très controversée Organisation commune des régions sahariennes (OCRS). L’Amenokal opta sans hésiter pour l’indépendance du Mali et batailla pour le rattachement des régions du Nord. Il se battit pour voir l’administration coloniale quitter ces territoires. «La question qui était posée à l’époque était : Allons-nous rester sous le joug colonial avec l’adoption du projet de l’OCRS ou opter pour l’indépendance ? J’avais fait le choix de la deuxième position, car la colonisation a bien trop duré et je voulais nous en débarrasser», rappelait l’Amenokal de Tombouctou de son vivant.
    Amenokal (chef suprême, souverain) de la Confédération Kel Ansar (tribus et fractions touarègues de la région de Tombouctou) depuis 1946, Mohamed El Mehdi Ag Attaher a été tour à tour, Représentant du Soudan à l’OCRS, député fédéral du Mali, député de l’Assemblée législative du Mali, Secrétaire politique (Section US – RDA Goundam – Diré), Conseiller technique à la Présidence du Mali (1968 – 1969), 1978 -1984 : Secrétaire général adjoint de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, Section de Goundam), Membre du Conseil national de l’ UDPM, Secrétaire général UDPM (Section Goundam), Député à l’Assemblée nationale du Mali (1985 – 1991), Elu Maire de la Commune de Gargando (Cercle de Goundam) en 1999. Il est Officier de l’Ordre national du Mali, Commandeur de l’Ordre national du Mali (2009).

    En 1977 (fin de la sécheresse), un sondage malien, publié dans les journaux, a donné Tombouctou (la Mystérieuse, la Clé du Sahara, la Perle du Désert, la Ville des 333 Saints islamiques) comme étant la première cité au Mali où on boit le plus, par tête d’habitant et par an.

    En 1977, en levant le coude dans un bar qui s’appelait L’Oasis, ouvert par le Maire de la ville de TQombouctou (le capitaine Mariko), j’ai rappelé cela et les buveurs (dont Badié, une femme simple d’esprit, picoleuse portant boubou et serwal) se sont bien marrés en disant ce qui suit : « oui, c’est vrai, parce qu’actuellement »:

    – Les militaires bobos chrétiens ou animistes sont les plus nombreux au camp militaire qui est approvisionné par des chalands entiers, ce mess ravitaillent les autres bars clandestins, y compris ceux des dunes autour de la ville qui sont ouverts la nuit seulement ;

    – la Société américaine MondRay qui prospecte le pétrole dans le bassin de Taoudéni a des ingénieurs européens et des ouvriers qui picolent plein le gosier pour faire passer les tonnes de sables avalé dans le Désert ;

    – Comme tout est secret et jalousement caché dans notre ville mystérieuse, y compris les mariages « seré-hidji », les fidèles, en allant à la mosquée, donnent les bouilloires des ablutions à des enfants pour y mettre des bières achetées au troquet du coin pour les ramener à la maison où elles seront bues dans les chambres des pères de familles, sans la connaissance des dames.

    LA CONCLUSION du journaliste est, on ne peut plus, correcte, je le cite: « Dans les camps de réfugiés à l’étranger, certaines personnes déplacées du Nord-Mali entament une nouvelle vie. »

    En effet, moi dont deux fistons étaient nés dans le camp de M’Berra, entre 1992 et 1997 (épisode de la rébellion des années 90) et cinq fistons nés dans le même camp de M’Berra (épisode de l’actuelle rébellion 20012 jusqu’à quand?), je trouve que c’est la situation des camps des réfugiés palestiniens en Jordanie et au Liban (là depuis 1948 dont le nombre est passé de 500.000 personnes au début à 2,5 millions en ce moment) qui se produirait en Mauritanie.

    En tout état de cause, les réfugiés maliens touaregs et maures – pris en otages par ceux qui se sont autoproclamés « encadreurs » des réfugiés dont les noms sont dans le texte – ont pris du plaisir à demeurer sous le statut des réfugiés qui les fait vivre sans travailler (dixit Maïga).

    Ce qui est troublant, ce que la moitié des réfugiés du camp de M’Berra, qui ont pris la nationalité azawadienne en reniant la malienne, sont des mauritaniens recensés fictivement par le HCR et les services mauritaniens qui surveillent le camp des réfugiés maliano-azawadiens, cette « prison à ciel ouvert» étant un « mouroir » pour les vieillards et les enfants !

    Bonjour mon cher ami Mamadou Traoré,

    Avant tout, je te souhaite, à toi, à ta famille et à tes proches, une bonne et heureuse année 2015, cela depuis le village de Yoro des Télèmes-Dogons-Mossis, dans la commune de Dinangourou, cercle de Koro, au bord de la rivière Volta, à 25km de la frontière du Burkina, où je fête la fin d’année 2014 en compagnie d’un ami Télème qui m’a invité à la fête des Lutteurs de la zone qui se tient demain soir, 1ier Janvier 2015 ; si je me souviens bie que j’avais fêté, le 31 Décembre 2013 à Montpellier en France, à environ 6.000km de là, je dirais bien que le monde est petit et que la terre est bien ronde et finie!

    Je vais commencer par te poser une question ; pourrais-tu m’expliquer ce que tu dis, je te cite : « C’est un petit fils de Soundiata, Mary Diata qui déjà à l’époque, avait combattu pendant trois mois dans l’Adrar des Iforas. » parce que si j’ai lu dans la littérature que Essouk, la capitale de la Confédération Tadamakket (l’actuelles région de Adrar des Ifoghas actuel), fut détruite, vers la fin du 15ième siècle, par l’un des Empereurs Songhoïs de Gao, je n’ai pas lu que des soldats de l’Empire du Mali du 13ième siècle soient arrivés dans cette contrée mais bien jusqu’à Tombouctou.

    Je corrige ton affirmation que j’estime erronée s’agissant du nombre des fractions touarègues qui aurait diminué depuis le temps colonial, c’est bien le contraire ; en effet, depuis l’indépendance du Mali, une fraction nomade de 200 personnes a le même statut administratif qu’un village sédentaire d’au moins 1.000 habitants, les fractions qui sont des « collectivités nomades à la base » ont proliféré, passant d’environ 100, en 1950 à plus de 1.000, en 2014 ; ce « boum » s’explique par deux raisons essentielles :

    1) les tribus ayant été abolies par Modibo Kéita en 1963, les « clans » des « tributaires » et/ou « vassaux » se sont émancipés en formant des fractions autonomes constituées par de gros campements nomades regroupés par lignages, des « tentes » comme tu le dis, « téhéné » en Tamacheq ; j’illustre mon propos par le cas de ma grosse fraction nomade kel Aghezaf (un des « clans » Achérifen de l’ancienne Tribu Kel Antesser & Achérifen de l’Ouest/Attaram (Goundam) de l’Amanokal Mohammad-Elmehdi ag-Attaher) qui, dans les années 1950, englobait tous les kel Aghezaf de la région de Tombouctou (et même de Gao-dans l’arrondissement de Bamba), a éclaté, depuis les années 1980, en 30 fractions autonomes dont 20 dans le cercle de Goundam et 10 dans celui de Tombouctou ; les familles des nomades sédentarisées dans les villages pouvant être recensées, à la fois dans les fractions et dans les villages (c’est le cas de ma famille nomade sédentarisée, depuis 1956, au village de Ras el-Mâ, dont mon défunt père était conseiller de village, tout en restant conseiller de la fraction L’Lama, son sous groupe lignager) ;

    2) la représentativité politique au sein des organes politiques des communes (conseils communaux) étant égale pour une fraction nomade et un village sédentaire, les touaregs et maures nomades « minoritaires » en population, couvrant plus d’espace territorial (le Sahara) ont utilisé, à leur faveur, cette « astuce » politique d’ériger en fractions nomades (reconnues par un Arrêté du Gouverneur de région) les petits sous groupes lignagers pour se faire « majoritaires » dans les circonscriptions électorales de niveau commune, cercle et région en « damer le pion » aux nombreux sédentaires sonraïs-bellas-peulhs-bozos-sorkos ; ainsi, les conseils communaux et les membres des conseils de cercles de Goundam, Tombouctou et Rharous et du Conseil Régional sont « contrôlés » par des élus touaregs et maures nomades dont le nombre de fractions nomades est à peine 10% de celui des sédentaires dans la région de Tombouctou.

    Je répondrais, très prochainement, à certaines de tes interrogations si tu me les précises, synthétiquement.

    Sincèrement,

    Mohamed AG HAMATY

    « Là où les marabouts kel Antessar deviennent des guerriers ! » par Wartehen ; 26 Mai 2015.

    Je fais des extraits de « HISTORIQUE DES AL ANSAR DE LEUR DEPART DE MEDINE JUSQU’EN AFRIQUE DE L’OUEST, de l’AÏR (Nord Niger) à CHINGUETTI (Est Mauritanie) » texte daté de 2006 ; par Mety Ag Mossa EL ANSARI, spécialisé en arabe, descendant de Doua-Doua El ANSARI, Commune de BER-MALI, Email :agmossamit @ yahoo.fr ; tél. 293 60 10 ; 671 00 61 ; 632 95 67.

    « Le Tobol, instrument du pouvoir politique chez les touaregs nomades, est présentement détenu chez les kel Antessar de Goundam suivant le régime de succession du « père au fils » ; ce pouvoir est passé d’un régime dit « dual » en vigueur depuis la fin du 17ième siècle jusqu’à la conquête coloniale.
    Au milieu du 18ième siècle, deux Imanokalen kel Antessar & Achérifen seront désignés en même temps par l’Assemblée de la Tribu :
    • l’un jouant le rôle de Cadi pour gérer les questions internes et religieuses, poste revenant à l’entité « groupes et clans de l’Ouest-Goundam » : MOHAMED El MAOULOUD dit HAWALENE, né en 1720 à AYBADANE-mort en 1798 à TIMBAGHNA près de FARACH. Ce dernier, grand érudit, est considéré par tous ses contemporains comme un grand homme de paix. Son frère MOHAMED EL MOCTAR dit KHALIL, avait bâti également une mosquée à ESSAKANE ;
    • l’autre au poste de chef de guerre issu des « groupes et clans de l’Est » (Bourem-Rharous et Tombouctou) : MOHAMED AL AMINE dit DOUA-DOUA né en 1718 à AYBADANE, mort en 1796 à INOKANDAR, en Nord de Ber.

    Ce bicéphalisme de la chefferie tribale kel Antessar & Achérifen que certains historiens appellent « Iguelad » plutôt que « Tademakkat », sera perpétué jusqu’à l’arrivée des colons français qui éclatèrent la Grande Tribu kel Antesser en deux Tribus : la Tribu kel Antesser de l’Est qui avait son territoire d’attache sur la rive gauche du fleuve Niger (épicentre Ber) et celle de l’Ouest qui évoluait dans les pourtours du système Faguibine et lacs connexes (épicentre Farach).
    C’est pendant l’époque des DAG HAMADA qu’il y eut des rivalités interethniques dans la zone de leurs puits, en ce moment ils payaient des impôts aux peuhls de Macina (Royaume de Hamdallaye), ils étaient aussi guettés par des gens venus du Nord, les Berbères, les KOUNTAS (Banou Oumayata), descendants des OUMEYED venus d’Andalousie dans les années avant la fin de l’empire des OUMEYED. Lorsque les commerçants venus du Nord retournaient chez eux ils racontaient qu’ils avaient vu une terre riche qui est habitée par des Faiblards. En même temps, les peuhls gouvernaient les KEL ANSAR avec rigueur.
    Les KEL ANSAR se sont retrouvés entre des ennemis au Nord et des ennemis au Sud. Par conséquent, ils se sont concertés, certains ont dit de ne pas désobéir au conseil parental : celui de fuir les guerres et les conflits quels qu’ils soient; d’autres ont suggéré qu’il n’y avait plus d’endroit où aller. C’est alors que DOUA-DOUA dit « on ne va pas éternellement éviter la guerre, on ne peut plus tenir la promesse faite à nos ancêtres, et l’Islam n’a pas interdit de se défendre en cas de nécessité. » OUSMANE AG ALHAJ BALLA, l’oncle paternel et maternel de DAG HAMADA et chef religieux des KEL ANSAR à l’époque dit : « qu’il faut patienter, le temps qu’on voit si l’Islam nous permet de nous battre ou pas. » DOUA-DOUA leur dit que : «Je connais mon oncle, maintenant qu’il a dit cela, il va nous empêcher de nous battre».

    Hawalane se rendit à Ménaka chez les Iwilimidane pour échanger des expériences en matière de guerre puisque ceux-ci étaient déjà en guerre avec les peuhls.

    Doua-Doua est parti voir un Chérif de la communauté Idjilade, vivant à Alhank au Nord de Taoudenni, c’était un fidèle ami des KEL ANSAR. Il lui a fait part de leur intention de combattre l’ennemi et qu’il ne comptait pas le faire sans l’avertir. Le chérif était très content de cet honneur. Hawalane est revenu avec la coopération des Iwilimidanes.

    S’agissant des guerres que les kel-Antesser devront affronter, à partir des années 1730, voici, comme il suit, les tenants et les aboutissants.

    C’est avec Doua-Doua (1718 -1796) que le conseil parental a rompu avec l’idée de fuir les guerres.

    Depuis Samba qui a quitté Médine, les KEL ANSAR se sont battus pour la première fois en 1752, avec à leur tête Doua-Doua alors âgé de 34 ans, à Silla à l’Ouest de Tombouctou, contre les ennemis du Sud qui étaient des peuhls du Macina.

    La deuxième bataille a eu lieu à Kabra. La troisième à Tiki et, depuis, les batailles se sont succédées jusqu’à la dernière bataille près de Farach contre les peuhls qui est marquée par la mort de Bokar, le chef guerrier peuhl.

    La première bataille contre les ennemis du Nord a eu lieu pendant la même période au Nord de TIN-BOUCTOU contre les « Tassanamnisse» (ce qui signifie en Tamasheq le ventre du chameau pour dire qu’il y’avait toutes sortes d’ethnies).

    Les batailles contre ces ennemis se sont enchaînées jusqu’à la dernière et plus grande bataille qui eut lieu à Bankor, au nord-ouest de TIN-BOUCTOU.

    Doua-Doua a régné pendant 44 années. Après sa mort, son fils MOHAMED-ALI a continué l’œuvre de son père. C’est Mohamed ALI AG Doua-Doua qui a tué Bokar, le chef de guerriers peuhls de Macina en 1815 ; c’est en ce moment que les KEL ANSAR ont régné sur la zone commençant à Aslague entre TIN-BOUCTOU et Djaw-Djaw à l’Est jusqu’à Chinghetti à l’Ouest ; Il y’a eu une trêve, de 1815 jusqu’à 1820, date â laquelle les Berbères et les Kountas, descendants des Oumayata (Oumayad), se sont concertés pour reprendre aux KEL ANSAR leurs richesses et leur territoire. Ces berbères qui avaient trouvé refuge dans la région avaient fui les guerres en Afrique du Nord des années auparavant et l’inquisition en Espagne dont le dernier royaume musulman d’Andalousie tomba en 1492, il s’agit de GRENADE.

    Les Kountas et les Peuhls qui trouvèrent des alliés de guerre en cette communauté berbère qui était principalement d’origines Almoravide (Andalousie), Almohade (Andalousie), Rastoum (Algérie), al Adarissa (Maroc) ont combattu les KEL ANSAR sur plusieurs fronts du Nord de TIN-BOUC’I’OU jusqu’à l’Est de Chinguetti. Nous signalons que tout ce monde, précédemment cité, qui combattît les KEL ANTESSAR au côté des peulhs avait fui les guerres d’Afrique du Nord. Il est également à signaler que les Kountas ne se sont pas alliés aux Peulhs par haine des KEL ANI’FSSAR, mais stratégiquement pour gagner leur confiance et les combattre facilement par la suite.

    La collaboration entre les Kountas et Les Peulhs contre les Kel Antessar s’est située entre 1805 et 1830 et leur règne entre 1755 et 1820. La première bataille a eu lieu à Bankor sous le règne des peuhls entre Kountas et KEL ANSAR. La grande bataille entre les Kel Antessar et les KOUNTAS et les Berbères alliés a eu lieu à Bassikounou et à Walatane (Est Mauritanie).

    Après la mort de Mohamed Ali (né en 1770 à Iwiwatane, mort en 1840 à Ghachaf), c’est MOHAMED AHMAD AG HAWALENE qui commanda aux destinées de la tribu Kel Antessar jusqu’en 1847 où il mourut à ARIAW (Cimetière) près de Farach et la chefferie tribale revint alors à IN-GHALALANE, son jeune frère.
    En 1850, MOIIAMED ALI AG MOIIAMED AHMAD dit INGONNA prit les rennes de la communauté KELANTESSR après le décès de son oncle (IN-GHALALANE) à GHACIIAF (Daounas, épicentre Gargondo). C’est Mohamed Ahmed, le père d’Ingonna, qui était à l’origine de la mort du représentant des peuhls, Ali Chebou, à Rabala, après la capture de son père Hawalane par les peuhls.
    La guerre contre les Kountas a pris fin sous le règne d’Ingonna en 1884, après de longues batailles dont les plus importantes furent celles de Lakhba et Ohibit à l’Est de TIN-BOIJCTOU et celles de GARRO à l’ouest de TIN-BOIJCTOU et MASSA BANGOU prêt de TIN-BOUCTOU et beaucoup d’autres batailles.

    C’est à cette époque que la pénétration française a commencée sous INGONNA.

    Il faut noter que la colonisation du Nord du MALI ne fut pas de tout repos pour le colon français. De grandes batailles livrées aux troupes françaises par l’armée d’INGONNA, l’histoire a retenu celle de FARACH en 1914 comme l’un de ses grands exploits militaires. En méme temps à l’Est dans la Région de GAO (Djaw Djaw) et tout près à TIN-BOUC’IOIJ. les français rencontraient les résistances des tribus Inouchagh; les Iwilimiden menés par Fihroun Ag Alansar et Tindjerédjef sous le commandement de Chabboun Ag Fadagoumou.

    INGONNA qui est né en 1820 a combattu les Français à un moment où les KEL ANSAR étaient exténués par les guerres précédentes jusqu’à ce qu’il ait été tué en 1898 par un officier français sous les ordres du Colonel BONNIER. INGONNA est enterré à TAADJART près d’ESSAKANE. Son frère ALLOUDA l’a remplacé à la chefferie des KEL ANSAR. Ce dernier a su faire cohabiter KEL ANSAR et Français jusqu’à ce que les colons aient pris complètement le territoire.

    A la fin de sa vie, ALLOUDA n’était plus en mesure de maintenir la cohésion des KEL ANSAR ; c’est alors que sous l’égide de l’administrateur colonial DE LOPINEY une grande assemblée fut réunie à KAMMA en 1914 afin de désigner un nouveau chef aux KEL-ANSAR. Le choix de la majorité s’est porté sur ATTAHER AG ELMEHDI (1850-1927), conformément à la volonté de son prédécesseur ALLOUDA (1830-1915).
    ATTAHER qui dira aux Français : « vous gouvernerez à condition que la gestion de nos biens et de nos hommes nous revienne. », refusa que les hommes Touaregs participent à la première guerre mondiale. Il est mort en 1927. Son fils MOHAMED ALI lui succéda.

    Le Semant de SAMBA sous l’occupation française : Ousmane Ag Inghalalane et Ahmad Ag Sidaguina, Alhadj Ag Amma, Hamal Moctar Ag Hawad, Hamad Ali Ag Hamma, Ali Ag Attaher et Almounzer Ag Mohamed et beaucoup d’autres, tous grands savants religieux, ont demandé à l’époque de la colonisation à tous les Kel Ansar du Mali de tenir une promesse, qu’il n’aurait jamais dû oublier, celle faite à leur ancêtre Samba et rompue depuis 1752 par Doua-Doua.

    Cette demande fut exprimée par les marabouts après une rencontre qui les avait tous réunis, en 1932 sous l’égide de Mohamed Ali Ag Attaher, afin d’aider ce dernier à décider de l’attitude la plus honorable que devait tenir la tribu sous domination française. Cc dernier fit tout ce qu’il pouvait pour que les Touaregs aient leur indépendance, il a envoyé les enfants à l’école, fait participer les Touaregs à des rencontres internationales jusqu’à ce que le Mali accéda à l’indépendance en 1960. Mais l’objectif Mohamed Ali Ag Attaher n’était pas atteint, celui de voir les Touaregs garder leur indépendance et leur autonomie vis à vis de toute autre entité.

    En effet, Mohamed Ali Ag Attaher a su depuis 1946 que son vœu ne se réalisera pas. C’est en ce moment qu’il a commencé à envoyer les élèves Touaregs à l’extérieur pour des études ; des écoles nomades ont été créées dans les zones KEL ANSAR, notamment l’école nomade de Bankor (pour les kel Antessar de l’ouest) et de Tin-NATEN à l’Est de TIN¬BOUCTOU pour les kel Antessar de l’est.
    Avant de partir en exode dans les pays arabes, Mohamed Ali Ag Attaher avait convoqué une assemblée au sein de la tribu pour choisir un nouveau chef de tribu, et ce fut son jeune frère Mohamed Elmehdi Ag Attaher né en 1923 qui a pris la chefferie à l’âge de 23 ans et continua l’œuvre de scolarisation des enfants nomades entreprise par son frère aîné. Mohamed Elmehdi Ag Attaher fût également le premier député KEL ANSAR et des kel Tamacheq.

    Tout ce que Mohamed Ali Ag Attaher a fait pour le peuple Touareg, il le fit étant en exode, notamment la rencontre avec le roi Abdoul Aziz en Arabie saoudite dans les années 1950. II a créé une organisation aidant tout le peuple Touareg. Vers 1958, Mohamed Ali Ag Attaher s’est rendu en Libye avec une centaine d’élèves touaregs avec l’accord du président libyen de l’époque, Idris Senoussi. Ces enfants furent les premiers diplômés touaregs en Libye. Mohamed Ali Ag Attaher qui s’est rendu également en Egypte a rencontré le chef de l’Etat de l’époque pour chercher son soutien au peuple touareg.

    Mohamed Ali Ag Attaher était le leader de la première rébellion touarègue de 1963. Il a été arrêté et fait prisonnier à Bamako quelques années après le début de la rébellion avec ZAYD AG ATTAHER, ALLADI AG ALLA (IFOGHAS), ILIAS AG AYOUBA (DOSSA-HAK) qui étaient des leaders de la première rébellion touarègue de 1963. Mohamed Ali Ag Attaher acquit sa libération en avril 1976.

    Après sa libération, Mohamed Ali Ag Attaher est parti s’installer définitivement au Maroc où il rencontre le roi HASSAN II qui lui promettait son soutien pour la cause touareg et lui fit une grande place au MAROC. Mohamed Ali Ag Attaher décède le 9 Juillet 1994, à l’âge de 90 ans, à RABAT au MAROC alors que le Nord du MALI connaissait une rébellion touarègue armée dont le leader était IYAD AG GHALI (IFOGHAS). La date du décès de Mohamed Ali Ag Attaher est un deuil chez tous les Touaregs. » ; Fin des extraits.

    Quant aux Imouchagh Tinguéréguef de Goundam dont l’Amenokal CHEBOUN AG FONDOGOMO fut le chef guerrier qui tua le Colonel Bonnier en 1909 à Takoubao (Takembout) sur la route Goundam-Tombouctou, au Nord de Douéikéré sur le Tassakant, je renvoie à Wikipédia ou aux ouvrages historiques du Mali relatifs à la résistance contre la pénétration coloniale française. »

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