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TERRITOIRES ET ACTIONS

Rapport de synthèse et communique final de la rencontre KAL ADAGH,3,4 et 5 Juillet 2019

Les 3,4 et 5 Juillet 2019, une rencontre intercommunautaire des Kal Adagh a regroupé plus de 200 personnes venues de toutes les cercles de la région de Kidal et des représentants des alliés vivant dans les régions de Gao, Ménaka et le district de Bamako.

L’ouverture de la rencontre est présidée par le Gouverneur de la Région de Ménaka, représentant le Ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation Monsieur Daouda Maiga.
La rencontre était présidée par l’Amenokal de l’Adagh Mohamed Ag Intalla en présence du coordinateur de la CMA Alghabas Ag Intalla, les représentants du gouverneur et autorités régionales et locales. Dans son discours d’ouverture il a rappelé l’importance de la paix et la cohésion sociale. Il a exhorté les Kal Adagh à se défaire des liens externes qui les empêchent de sunir. Ensuite il a invité les participants à accorder un intérêt accru à l’éducation de leurs enfants.
Les termes de références ont été présentés à l’audience ainsi que les objectifs et les résultats attendus de la rencontre
La modération était assurée par Egleze Ag Afoni ancien Gouverneur de la région de Kidal.
La parole a été donnée aux participants pour développer, amender ou enrichir les différents points à lordre du jour.
L’image contient peut-être : 2 personnes

Ensuite trois commissions ont été créées comme suit :

Commission de Cohésion Sociale « Comment renforcer la Cohésion Sociale ?»
Commission Education
Commission des cadis « Justice facteur de paix »

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, intérieur
Les travaux de commissions et la restitution ont été fait en plénière dont voici la synthèse adoptée par l’ensemble des participants :

I La commission Cohésion sociale recommande :
Président : Zeyd Ag Hamzatta
Rapporteur : Mohamed Ag Jidou
La création et la mise en place dun conseil inclusif de lAdagh.
Renforcer la collaboration entre les chefferies traditionnelles et les autres acteurs (Etat, Mouvements et partenaires) dans la promotion de la cohésion sociale et le processus de la réconciliation.
Limiter la création de nouvelles fractions, sources de divisions entre les membres dune même communauté.
Respecter lAmenokal et tous les chefs de fractions.
Promouvoir le dialogue intercommunautaire, lesprit de partage, le respect de lautre et du bon voisinage.
Sadapter au contexte et mutations sociales en vue dune meilleure préservation des relations sociales intercommunautaires.
Promouvoir la justice sociale, source de paix.
Faire respecter les décisions des cadis et autorités traditionnelles.
Instituer la tenue des rencontres et missions de sensibilisation intercommunautaires sur la cohésion sociale et le vivre ensemble.
Mettre lAdagh à labri des influences extérieures.
Mettre en place un mécanisme de suivi des recommandations de la présente rencontre.
Revaloriser et respecter les us et coutumes.
Kidal joue un rôle dexemple pour les autres régions en matière de cohésion sociale.

II. La commission Education recommande :
Président : Babahmed Ag Atlagh
Léducation est un droit fondamental pour tous, les participants
Recommandent :
Limplication des leaders communautaires ; chefs des fractions ; leaders religieux ; leaders des jeunes / femmes de la société civile et leaders dopinion dans le domaine de léducation.
Mener une vaste campagne de sensibilisation au niveau des sites, des communes de la région pour une grande scolarisation de nos enfants (filles et garçons).
Adapter les programmes de léducation aux spécificités socio-culturelles, en mettant laccent sur lenseignement de lhistoire et la géographie locales de nos communautés.
Encourager la création des écoles privées et des medersas à travers toute la région.
Motiver les enseignants bénévoles.
Encourager la collecte des fonds pour promouvoir la scolarisation des enfants.
Plaidoyer pour lintégration des enseignants bénévoles dans la fonction publique
Mettre en uvre le protocole daccord intervenu entre la CMA et le gouvernement dans le cadre de léducation.
Rendre opérationnel lacadémie de lenseignement du Tifinagh.
Promouvoir léducation dans tous ses segments une fois que le conseil de lAdagh est mis en place.
Encourager lenseignement bilingue franco-arabe dans les programmes de léducation tout en assurant la promotion de lenseignement professionnel surtout en direction des jeunes et des femmes.
Redynamiser la structure de léducation a trois niveaux : léducation familiale, léducation coranique formelle et léducation de la société.
Pour accroitre le taux de scolarisation des enfants, il est indispensable que chaque chef de fraction ou leader communautaire fournisse 40 enfants par an (filles et garçons) a lécole de proximité.
Mener un plaidoyer auprès des partenaires pour loctroi des bourses (Algérie).
Que larabe et le Tifinagh soient pris en compte dans les programmes de lenseignement.L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, personnes assises et table

III La commission des Cadis recommande :

Président : Ahmadou Ag Hamzatta
Rapporteur : Aghali Ag Aloumataye

Promouvoir lislam suivant le rite malékite
Installer un Cadi dans chaque secteur et demander au conseil de lAdagh quil lui soit versé une motivation ou intéressement.
Que le conseil de Cadis fournisse la liste des cadis devant siéger dans les secteurs afin de rendre la justice sociale au nom de lAdagh.
Que le conseil de lAdagh favorise la sauvegarde et le droit des populations vulnérables tout en leur apportant assistance et protection.

Communiqué final de la Rencontre KAL ADAGH

Durant ces deux jours des recommandations ont été faites pour améliorer la cohésion sociale, le bon vivre ensemble et comment établir la justice sociale à travers les mécanismes traditionnels.

Un accent particulier a été mis sur la scolarisation des enfants.

Un conseil inclusif de lAdagh a été recommandé par lensemble des participants.

Tous les participants adhèrent unanimement que la paix, la réconciliation et la cohésion sociale et léducation constituent les piliers indispensables pour la stabilité et le développement de lAdagh.

La rencontre recommande à lEtat et aux partenaires (DDRK, MINUSMA, BARKHAN) dappuyer la commission de suivi des recommandations des rencontres de Tin-Essako, Tessalit et Kidal.

La Rencontre

1 commentaire pour Rapport de synthèse et communique final de la rencontre KAL ADAGH,3,4 et 5 Juillet 2019

  • MAÏGANE?

    « Ifoghas ont perdu leur suzeraineté politique dans l’Adagh-n’Fogahs ! » par Abdoulaye Niangaly; Le Quotidien de Bko du 19-05-2009.

    « Chasser le naturel, il reviendra toujours aux galops» tel semble être désormais le triste destin de Kidal où la vie des populations est suspendue aux rumeurs fondées ou fallacieuses d’une menace d’attaque. Cette fois ci, la menace est sérieuse, très sérieuse. Après des informations faisant état d’un mouvement suspect de troupes rebelles vers Nampala à la frontière Mauritanienne, c’est le président sortant de l’Assemblée régionale, Intahmadou Ag Albachar, qui après une cinglante défaite électorale menacerait de reprendre le maquis. Vulgaire chantage ou plan minutieusement ourdi ? Rien n’est exclu. En effet, une série d’informations s’enchainent sur la situation de paix précaire dans les régions nord de notre pays ces trois derniers jours. D’abord, nous apprenons que les responsables de Al Qaïda ont renoncé à leur revendication tendant à demander la libération d’un de leurs éléments détenus en Grande Bretagne contre les deux otages européens qu’ils détiennent encore, quelque part, dans le nord du Mali. Ils demanderaient plutôt (cette fois ci) une rançon de 10 millions d’Euros.

    Presqu’au même moment, Ag Bahanga, qui ne voulait pas, dans un premier temps, collaborer avec AIQM de Mokhtar Ben Mokhtar, vient de manifester, selon certaines sources bien informées, un pacte d’allégeance avec Al Qaïda. Cette allégeance s’est illustrée le weekend dernier par un mouvement de troupes à Nampala, une bande désertique à la frontière mauritanienne.

    Pour des raisons que l’on peut bien comprendre, les sources militaires restent muettes comme une carpe sur la question. Mais sur le terrain, la situation est sous contrôle semblent dire nos sources. « L’armée malienne n’entend plus se laisser surprendre sur le front, » nous a confié un proche collaborateur du cabinet du ministre de la défense. Mais que faire, lorsque l’ennui vient de celui qui fut le plus précieux partenaire de l’armée et des services de sécurité dans la gestion de la crise? C’est là toute la question. En effet, les dernières élections communales se sont soldées par la défaite de l’équipe dirigeante de la municipalité de Kidal. Ainsi, sur les 23 conseillers, l’ADEMA n’a obtenu que 6, derrière le mouvement citoyen qui s’adjuge 8, le CNID 4, le RPM 3 le PDM et une autre nouvelle formation politique se sont retrouvés chacun avec 2 conseillers.

    Au regard de ce tableau, il se dégage nettement une tendance au changement de l’échiquier politique local. La défaite électorale de l’ADEMA, avait déjà commencé à produire des indices inquiétants dont la lecture n’est facile que pour ceux qui connaissent les méandres du « tabernacle » politique local de Kidal. Originellement, il s’agit de la défaite d’un leadership politique légendaire, profondément ancré dont les manœuvriers sont connus pour être des acteurs du défunt mouvement MPA des années 1994. Donc appartenant au groupe de nouveau repentis. Il s’agit des membres de la famille INTAHLA qui tenait le monopole de la gestion de la ville de Kidal. Jusqu’aux dernières élections communales, le conseil du cercle, et l’assemblée régionale étaient dirigés par les membres de cette famille. Il est important de rappeler que le député Athahib Ag Intahla est de cette même famille du président sortant de l’Assemblée régionale.

    La « mort certaine » de cet « empire » dont l’implication de certains éléments (n’était plus qu’un secret de polichinelle) dans l’activisme récent d’Ibrahim Ag Bahanga, n’est donc pas sans conséquence sur la paix et la stabilité dans la région de Kidal. Depuis maintenant plus d’une décennie, la région est sous l’emprise d’une administration dont les premiers responsables, c’est-à-dire le président de l’assemblée régionale, et sa famille, trimballent toujours des Kalashs en bandoulière ou sous leurs amples boubous. L’énorme turban qu’ils enfilent dissimule malheureusement mal un visage chargé de mépris pour les intérêts de leur communauté. En tout cas, pour lui et ses camarades, c’est bien la fin d’une époque et le début d’une autre, celle des dures réalités de la vie d’un citoyen ordinaire de Kidal. Une misérable vie qu’ils avaient imposée à leurs mandants à longueur de mandat.

    Comment éviter le pire ? Aujourd’hui, tous les indices laissent à croire que la paix à Kidal est à nouveau menacée avec le nouveau contexte qui s’impose. Mais comment donc gérer cette déchéance dramatique de ceux qui croyaient éternellement régir la vie quotidienne des populations de Kidal ? L’équation qui se pose ainsi est à plusieurs inconnus dont le premier est la force de nuisance des nouveaux maquisards. Il ne faut pas se tromper. Il s’agit de véritables « taupes » qui ont réussi à infiltrer tous les circuits de gestion de la crise du nord et qui ont été associés aux différentes négociations avec Ag Bahanga. Il s’agit aussi de gens qui ne doivent leur survie qu’à la rébellion dont ils se nourrissent et s’enrichissent au péril de la paix.

    L’émergence d’une nouvelle force politique qui cherche encore ses marques, est loin d’être un motif de relâchement pour les autorités du Mali. Au contraire, son implantation et son ancrage incertain soumettront encore notre pays à des épreuves dont la gestion s’avère délicate et complexe. En attendant, il faudra à tout prix parvenir à anéantir la colonne de bandits venant de Nampala et gérer les téméraires de Teghargar.

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