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Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
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TERRITOIRES ET ACTIONS

Commentaires

Les valeurs de base de la Société Kal-Tamachaq

Zouda Doho

1. L’achak : c’est la pierre angulaire. C’est un ensemble de codes non-écrits qui régissent la vie quotidienne dans chacun de ses aspects et auquel tous sont tenus de se conformer sans exclusion de sexe ou de conditions sociales . Cela va de l’habillement qui doit être suffisamment ample pour cacher toutes les parties du corps et du turban qui doit nouer de manière à cacher les les émotions qui peuvent facilement se lire sur le visage à la conduite des animaux au pâturages qui doit être faite de manière à ne frustrer ni ceux qui vivent au campement ni les autres bergers. Achak veut dire doute. Tout comportement douteux doit être banni dans tous les actes et dans les comportements. Celui qui ne se conforme pas aux codes de l’achak est appelé anabayou(le je m’en foutiste). L’achak exige entre autre :


a. La reconnaissance et la prise en charge des parents.
b. Le respect des femmes, des enfants, et des personnes âgées.
c. La déférence à l’égard des responsables et des hommes de culture,
d. La générosité vis à vis de tous et particulièrement à l’égard de l’étranger. L’étranger quel qu’il soit est un hôte de marque auquel nous devons offrir le meilleur et pas l’ordinaire.
f. Ne pas léser plus faible que soit.
g. Ne pas s’attaquer à celui qui ne peut pas se défendre.
e. Protéger les proches et voisins démunis.
h. Exercer le devoir de vengeance vis à vis de celui qui vous outrage ou outrage votre parenté ou des gens sous votre protection.
i. Se conformer aux exigences de la vie de groupe.

2. L’amajarou : ce n’est pas seulement le festin offert à l’étranger. C’est d’abord la manière de l’accueillir, la qualité des couchettes que vous lui étalez, l’endroit où vous l’installez, la qualité et la propreté des ustensiles dans lesquels vous le servez, les sentiments qui transparaissent de votre attitude durant son séjour chez vous. Le repas offert n’est que la cerise sur le gâteau.
Celui qui n’est pas accueillant pour l’étranger est appelé « anadjlaf ». Adjlaf veut dire le butin qui reste derrière un ennemi en déroute. Et anadjlaf c’est celui qui ne veut pas participer aux combats et qui attend que l’un des camps sois mis en déroute pour venir ramasser ce qu’ils ont abandonné dans leur fuite. On l’appelle aussi « emidjedad », celui qui fuit les combat. Les Kal-Tamachaq considèrent l’amadjarou comme un combat. Un proverbe dit : « war tadobed ad tanghid, ere-s war tadobed ad t-i chikchid » qui veut dire : tu ne peux vaincre celui que tu ne peux nourrir.

3. Echej n-egha. C’est le droit et le devoir de vengeance. Il est exercé par celui qui a été victime d’un affront proche ou lointain qu’un tiers à commis envers lui, envers sa famille, sa tribu ou d’autres personnes auxquelles il est lié par une alliance ou un devoir de protection ou d’assistance.

Le revers de la médaille: iskar, isikwar. Ces deux mots veulent dire : les défauts par lesquels ont peut insulter, rabaisser une personne ou un groupe. Ce défaut était auparavant éviter par les hommes et laisser aux femmes, aux enfants et aux griots. En principe, les hommes qui partaient au combat mettaient toute leur ardeur, toute leur fougue et toute leur audace dans les combats. Mais après les combats, il était mal vu de parler de ses exploits ou des outrages qu’on a fait subir à l’adversaire. Cela est laisser aux femmes qui composent les poèmes, aux enfants qui répètent ce qu’ils entendent les femmes dire ou aux griots qui composent les épopées. Mais depuis un certain temps et par le truchement des réseaux sociaux, je constate que beaucoup ne se retiennent plus et ont franchi la limite de séparation entre l’homme qui agit et qui ne parlent pas, les femmes, les enfants et les griots qui parlent mais n’agissent pas.

Zouda Ag Doho,https://www.facebook.com/zouda.doho?fref=nf

1 commentaire pour Les valeurs de base de la Société Kal-Tamachaq

  • tissekheren

    En effet, avec les pertes de valeurs, on ne reconnait plus l’homme touareg tant chanté et admiré.
    La recherche du gain facile a terni les valeurs citées ci-dessus et aujourd’hui, on ne fait plus de différence entre les agissements réservés aux enfants, aux femmes ou ceux des griots par rapports à ceux des hommes –
    Tout est devenu un amas confus, où chacun tire les ficelles et la couverture sur soi sans aucun respect du code moral établi.

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