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Disparition d’Alladi Ag Alla, alias «Alladen», figure historique touareg au Mali

Alladi Ag Alla est mort samedi 29 septembre dans la ville de Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, où il était hospitalisé, selon une information confirmée par des proches. Ce notable était considéré comme le premier chef rebelle touareg du Mali. Alladi Ag Alla avait pris la tête de la révolte des Touaregs de l’Adrar des Ifoghas dans les années 1960. Arrêté et emprisonné par la suite à Bamako, il s’était échappé. Il était devenu au fil des années un conseiller très écouté de toutes les rébellions touareg.

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1 commentaire pour Disparition d’Alladi Ag Alla, alias «Alladen», figure historique touareg au Mali

  • AG AZAMANE

    Épitaphe à Alladi

    RIP, Allahou Arhamou/Incha nagh deress Massinagh, qu’Allah/Massinagh, le Tout Puissant, accueille au Paradis/Aljanat la dépouille mortuaire de mon regretté brave cousin Alladi ag-Alla que j’avais connu, entre 1964 et 1973, lors de sa détention politique au Camp I de la Gendarmerie de Bamako; à titre d’épitaphe,je dédie à Alladi ag-Alla,le Guerrero/Alfallaga, le texte qui suit.

    « Bref historique de la première rébellion touarègue de 1963, au Mali » par Mohamed AG HAMATY, sous le pseudo AG AZAMANE sur le forum « causeries autour du thé » de Kidal Infos, en 2013.
    INTRODUCTION
    J’ai initié cet exercice de contrôle de connaissances sur l’histoire locale d’un événement sévère – la première rébellion touarègue de 1963 – qui a eu lieu à l’aube de l’indépendance du Mali pour, d’une part, faire participer de jeunes maliens, notamment des touaregs, qui maîtrisent et utilisent l’internet, à l’écriture d’un pan de leur propre histoire et, d’autre part, leur faire internaliser les tenants et les aboutissants de cet événement qui a eu pour conséquences la « fermeture » de la région de Kidal déclarée « zone militaire protégée » sur une longue période de vingt ans, la marginalisation, la diabolisation et l’ostracisme des populations de la région de Kidal par les autorités administratives et politiques du Mali, l’exode des jeunes de Kidal vers les pays du Maghreb, essentiellement vers la Lybie où Kadhafi les a utilisé comme des mercenaires aptes à déstabiliser le Mali, leur pays d’origine.
    Il découle de ce qui précède un conditionnement psychologique des jeunes touaregs de Kidal qui ont « contaminé » à la révolte permanente ceux des autres régions du Nord-Mali à travers un mode de pensée « Ichoumars » (errance SDF et déprédations !) qui a fait des enfants de l’Adagh des Ifoghas des « marginaux » dans leur propre pays qu’ils ont combattu dans deux épisodes de rébellions touarègues (1990-1996 et 2012 à nos jours).
    La méthodologie de cet exercice a consisté à poser cinq questions essentielles aux débats des forumistes de Kidal Infos dont l’auteur connait, à priori, les réponses :
    4. Quel fut l’élément « déclencheur » de la rébellion touarègue de 1963 ? ;
    5. Quel est le nom symbolique par lequel les touaregs du Mali nomment la rébellion touarègue de 1963?
    6. Quel est le nom et le sobriquet du « promoteur » de la rébellion touarègue de 1963?
    7. Quel est le nom de l’officier malien qui, en tant que touareg, fut investi « carte blanche», par Modibo Kéita, du rôle de collecte des informations sur la rébellion touarègue de 1963 en vue de pister et de déloger les rebelles dans les montagnes de l’Adagh ; quelle fut la base de l’unité militaire de cet officier touareg qui fut l’objet de railleries des femmes et des hommes, sous la forme de poèmes satiriques (tissiwaïs) ?
    8. Donner la liste des chefs de tribus touarègues du Nord Mali qui appuyèrent la première rébellion touarègue de 1963 et leur devenir.
    Très peu de réponses furent données dans les débats ; ce n’est qu’au vu des réponses de l’auteur que les « langues se sont déliées » ; des contributions majeures furent données par des forumistes volontaristes et sincères qui se sont lancés à cœur joie dans la fourniture de plusieurs versions – soutenues par des références bibliographiques et des liens vers des fichiers internet – de l’élément « déclencheur » de la révolte des jeunes Ifoghas qui, bien qu’enflé et « mensongé » par la propagande éhontée de la première république du Mali qui a mâté cette première rébellion des Touaregs, avec des relents de génocide que la presse inexistante à l’époque n’a pas dénoncer, n’en demeure point qu’une révolte de la frange jeune de la communauté Ifoghas contre des exactions des autorités locales de Kidal qui ont fait du « caillou » un passe-droit, ce qui est, malheureusement, encore le cas aujourd’hui.
    En fin, des corrections de détails de noms de personnes et des dates furent indiquées par des forumistes, ce qui aura permis de présenter l’actuelle mouture du texte dans une version expurgée des erreurs.
    1) Quel fut l’élément « déclencheur » de la rébellion touarègue de 1963 ?
    Version 1 entendue depuis les années 1970 (peu après la rébellion en question) par l’auteur de l’essai: c’est un incident banal – un fait divers local ! – qui a déclenché la révolte des touaregs Ifoghas de l’Adagh n’Foghas contre ce que l’on pouvait appeler, à l’époque, « l’autorité de l’Etat » du Mali fraichement indépendant. De jeunes gens Ifoghas de l’Adagh n’Foghas amenés par L’ladi (adolescent, fils d’Alla ag-Albacher, un des chefs de la tribu Ifoghas de Boressa, dans l’Adagh n Foghas), par une advertance, se sont révoltés contre une exaction verbale – un manque de respect (takaraket, en Tamacheq) – d’un goumier (garde républicain) arabe, en mission de recouvrement des impôts dans la zone de l’espace pastoral des Ifoghas, à Boressa. Le dit goumier – ils sont deux – en patrouille en méharée (à chameaux) fait la halte de midi dans un campement nomade qu’il a identifié comme étant celui de la famille de L’ladi ; il baraque chez un nomade au bout du campement et ne voyant pas qu’on ne se précipite pas pour l’accueillir, cible et va de grands pas à une tente qui abrite une animation en tindé (tambour) et iswat (chants) de jeunes filles et jeunes garçons. A l’entrée sous la tente, le goumier qui ne fut remarqué par personne, interpelle un garçon en lui disant de s’occuper de lui en tant qu’un étranger qui a droit à l’accueil ; le garçon qui se retrouve être L’ladi lui dit d’aller sous la tente – là-bas – qui abrite des hommes en âge qui s’occuperont bien de lui, ici, c’est la retraite des jeunes qui fêtent. Le goumier arabe, outré par cette réponse, se croyant devoir focaliser l’attention de tous les nomades qu’il rencontre – c’est un passe-droit de la gente militaire, non seulement au temps colonial mais surtout au Mali fraichement indépendant (particulièrement dans les zones nomades) – dit à L’ladi que le fait de ne pas lui accorder l’importance qu’il mérite, à lui le goumier qui est en mission officielle, peut lui valoir, à lui L’ladi, le nomade, des ennuis. Toujours est-il que suite à cette palabre entre le goumier et L’ladi, la fête des jeunes s’est arrêtée pour permettre à tout le monde de suivre la palabre, étant bien entendu qu’une altercation avec un goumier n’augure rien de bon. Le goumier, ayant forcé l’attention de jeunes touaregs, prend ses aises devant les filles – cet arabe est aussi un bédouin qui se met en valeur devant les femmes – se fend de la menace suivante : « je suis là pour ramasser les impôts, et si, toi L’ladi que je considère comme l’Amanokal de ces lieux, tu ne te hâtes pas, illico-presto, je te dénoncerais au Commandant malien de Kidal comme mon père qui, d’antan, ayant pisté ton père poursuivi par les colons français, l’avait abattu d’une balle au sommet de la colline où il se cachait »; c’est là que « la moyenne a dépassé le total » (la tension est montée sous la tente) : les jeunes compagnons de L’ladi, s’étant sentis insultés par le goumier, par ce rappel macabre, se jettent sur lui et l’égorgent, sans états d’âme. De là où ils sont, les hommes qui ont vu les jeunes se disperser, après leur forfaiture, accoururent et reconnaissent le drame. Dès la nuit tombée, les auteurs de l’assassinat du goumier arabe, L’ladi et ses jeunes compagnons, sortent du campement vers les collines toutes proches, montés sur chameaux, les sabres, les lances et les armes (des fusils de chasse, de calibres 12 et 16) en bandoulière. Le deuxième goumier qui a suivi le drame taille sa route, sans demander son reste et rallie Kidal cette nuit même. La nouvelle est diffusée dans tout l’Adagh, comme une trainée de poudre, le téléphone arabe (le bouche-à-oreille) marchant bien en milieu nomade. Craignant des poursuites et des représailles des autorités administratives et militaires de Kidal, les campements nomades se déplacèrent, en débandade, vers les collines pour tenter de se mettre à l’abri. Ce n’étaient que la fuite de L’ladi et ses jeunes compagnons qui ont assassiné un goumier qui leur a manqué de respect et la débandade des campements nomades dans lesquels le drame a eu lieu que les autorités administratives et militaires de Kidal ont qualifié de « rébellion » alors que ce ne fut qu’une « révolte » de jeune gens qui, par l’acte de fuir après leur forfait, ont démontré qu’ils ont effectivement peur des représailles de l’Etat malien qu’ils ne discernaient pas de celui colonial frais, le manquement à la déontologie administrative du goumier vindicatif tenant lieu de preuve que « le nouveau pouvoir malien noir » égale « l’ancien pouvoir blanc » (blanc bonnet égale bonnet blanc).
    Version 2 rapportée sur le forum de Kidal info par un pseudo qui dit être du pays où se passe l’évènement (Boghessa) : Les goumiers Bani MAIGA et Ahiyoya AG MAHAMED chargés par le Chef d’Arrondissement de Boghessa, duquel il relève, pour récupérer les impôts per capita entreprirent une randonnée chamelière aux environs de Boressa. Pour s’informer des sites des campements nomades, la meilleure adresse étant le puits, ils s’y rendirent. La première personne qu’ils rencontrèrent fut Alladi Ag Alla en compagnie de son cousin Totaka- vaillant resistant à la pénétration française tué et décapité sous les yeux du même Alladi par les goumiers de l’Administrateur Jean CLAUZEL – Ils sont sommés de payer les redevances sur le champs. S’en suivit une petite altercation au préjudice des interpellés. Le Goumier Ahiyoya dit à Alladi: si tu ne payes pas tes impôts nous allons te faire subir le même sort que nous avions appliqué à ton défunt père…. Pour les punir d’avoir osé rétorquer à l’autorité, les goumiers les oblige à les suivre dans les campements prétendant avoir besoin de guide. A la tombée du soir, ils campèrent loin des campements. Ils demandèrent à Alladi et son cousin d’aller faire la corvée du bois et faire la cuisine, ce qu’ils entreprirent de faire. Au moment de la prière, les goumiers laissèrent leurs armes sur les selles à côtés et se mirent à prier. Les deux pseudos prisonniers choisirent ces moments (de prière) pour prendre les armes qu’ils retournent sur les goumiers. Après quelques menaces, ils prirent la fuite avec les armes et les chameaux des goumiers qu’ils laissèrent sur place, sans aucun autre incident.
    Version 3 rapportée par un autre forumiste de Kidal Info : Cheikh Ag Baye et Rachid Bellil, dans « Une société Touareg en crise: Les Kel Adrar du Mali » racontent : « En s’attaquant à des goumiers (touaregs) et en leur retirant leurs armes, le 1er janvier [1963], aux environs de Timiyawen, Elladi ag Alla, Tuteka et d’aures déclenchent la lutte ouverte et violente contre les représentants de l’autorité centrale dans l’Adrar. »
    Version 4 rapportée par un autre forumiste de Kidal Info : Pierre Boilley, dans « Les touareg Kel Adagh, p. 323-324 raconte » : « Les témoignages concordent pour mettre en avant le heurt qui eut lieu entre deux goumiers, Ahioya (un touareg des Imghad de Bourem, dans la région de Gao) et Bania Maïga (un Songhoy, avec Elladi,…  » « Elladi était alors très jeune, mais le sort réservé à son père l’avait traumatisé et révolté, comme le montre sa réaction. Avec son cousin Tuteka, il croisa aux environs de Boughessa les deux goumiers entrain de collecter l’impôt. La rencontre était fortuite, soit que les deux jeunes gens soient simplement venu assister par désœuvrement à l’opération, soit qu’ils aient été concernés par le paiement de leur famille. Quoiqu’il en soit, les goumiers ont reconnu en ce jeune Touareg le fils du célèbre Alla, et ont commencé à lui lancer des piques dans lesquelles ils lui promettaient le sort de son père. Outré, Elladi ag Alla attendit le moment propice pour leur voler leurs armes, et s’enfuit avec elles. » « Le goumier Ahioya a dit à Elladi: « toi, tu as une grosse tête, tu mérites que l’on te décapite, comme ce que l’on a fait à ton père » ; cela a beaucoup choqué Elladi. Alors qu’ils ont vu que les goumiers laissaient leurs chameaux, leurs bagages, leurs selles et leurs armes, le soir, et qu’ils partaient dans un campement à côté pour assister à des festivités, les jeunes sont revenus à leur insu pour se saisir de leurs armes, et de leurs chameaux, et sont partis avec. Ahioya est parti à pied pour prévenir Boghessa, et ensuite envoyer un télégramme à Kidal pour prévenir de l’incident. On a envoyé beaucoup de goumiers à la recherche des jeunes gens. » [Récit rapporté par un ancien goumier] « les versions diffèrent légèrement sur la relation de cet épisode. Certains témoins racontent qu’Elladi et Tuteka ont suivi les goumiers à leur insu, d’autres que ces derniers avaient arrêté les deux jeunes et qu’ils se sont enfuis la nuit avec leur équipement alors qu’ils étaient en train de prier. Mais cela n’a que peu d’importance. Car ce ne sont pas les faits en eux-mêmes qui sont remarquables dans cette histoire, mais les conséquences qui en découlent. La réaction malienne est immédiatement démesurée, disproportionnée par rapport à l’incident réel. Le Mali était déjà sur ses gardes … ».

    Commentaires d’un forumiste de Kidal Info sur les différentes versions de l’élément « déclencheur » de la rébellion touarègue de 1963 : toujours est-il dit que tous les écrits et récits concordent sur un fait : l’élément déclencheur, la cause immédiate est bien celle-ci : « les représentants de l’état ( goumiers ), en accrochage avec des civils de la zone de l’Adagh , maintenant les circonstances exactes , la chronologie des événements et leur déroulements varient d’une narration à une autre ; cette révolte des touareg de l’adagh a même débordé jusqu’aux portes de Gao vers 1967, car il y eu un incident dans la vallée du Tilemsi (l’oued de Achawadj ) à quelques kilomètres de Gao , des « fellagua » ont attaqué la nuit un campement de goumiers , faisant un mort et un blessé grave ( qui a survécu ). »
    Mon commentaire : la suite des évènements est connue : la « révolte de jeunes Ifoghas », localisée au seul secteur de Boressa et n’impliquant qu’une minorité de la seule communauté touarègue Ifoghas, fut traitée, politiquement et militairement, par le premier Gouvernement de la République du Mali dirigé par Modibo Kéita (le premier Président), de « rébellion touarègue », comme si elle impliquait tous les touaregs du Mali.

    2) Quel est le nom symbolique par lequel les touaregs du Mali nomment la rébellion touarègue de 1963?
    Réponse : Al fellaga est le nom symbolique par lequel les touaregs, d’abord ceux de l’Adagh, et par effet boomerang, de tout le Mali, nomment, au prime abord, la « révolte des Kel-Adagh », dénomination commuée en « rébellion touarègue » par la suite par nécessité politique de maquiller des exactions militaires sur des populations civiles qui avait un relent de « un génocide » orchestré par le premier Gouvernement de la République du Mali dirigé par Modibo Kéita, le premier Président. La dénomination Al fellaga est un emprunt, par effet de similitude des cas de la guerre d’indépendance de l’Algérie voisine et la révolte des touaregs de l’Adagh qui ont avoisiné des Al fellaga touaregs algériens à la frontière poreuse entre les deux pays – Kel-Ahaggar algériens sont des parents aux Kel-Adagh maliens – qui leur ont prêté la main en leur passant des surplus de leurs armements rustiques. C’est grâce à cet armement rustique algérien que les Al fellaga touaregs maliens ont pu attaquer des postes militaires maliens avancés qu’ils ont vandalisé allègrement, retournant des balles maliennes sur les soldats maliens, ce qui n’a pas avantagé militairement les Al fellaga touaregs maliens qui ont opéré par l’effet « maquisards » qui ont perdu la guerre par le déploiement d’un arsenal de guerre totale par l’armée nationale « socialiste » nouvellement équipée par l’Union Soviétique, le partenaire stratégique d’un Mali socialiste !
    Mes commentaires : je peux conclure, sans me tromper, que la « révolte des Kel-Adagh », dénomination commuée en « rébellion touarègue » par le premier Gouvernement de la République du Mali de Modibo Kéita est effectivement une révolte de populations nomades qui n’avaient pas accepté de gaité de cœur le fait colonial, « marginalisées » et excédées par des exactions de l’administration coloniale dont les supplétifs – les goumiers – faisaient la pluie et le beau temps ; cette « révolte des Kel-Adagh » « anticipe » ses rapports – ne pas se laisser faire – avec la nouvelle administration malienne qui vient de prendre le destin du pays, y compris le « caillou » (adagh veut dire « montagne » en Tamacheq) ; mieux, les jeunes touaregs chefs de la « révolte des Kel-Adagh », n’ont pas de projet politique du genre « libération de … » ou « front de …).
    A cause de ce cas malheureux de la « révolte des Kel-Adagh », mal gérée par la nouvelle administration malienne, l’Adagh fut longtemps déclaré « zone militaire » interdite de contact (et de passage) pour les étrangers – et même pour les maliens des autres régions ! – ce qui a conféré à ses « fils » un esprit « d’apartheid » qui les a poussés à l’émigration en Lybie où Kadhafi leur a « lavé l’esprit » en y « greffant » une idéologie de déstabilisation militaire de leur pays d’origine ; le développement local par l’apport de ses fils émigrés mis aux oubliettes de ces « assistés permanents », sinon de ces « vagabonds » sahariens qui s’adonnent aux rackets, aux vols et à l’extorsion des biens d’autrui, perpétuant ainsi la tradition ancestrale de Kel-Adagh dont certains furent de célèbres « coupeurs de routes transsahariennes » comme « travail » de survie dans une monde saharien austère pour ceux, fainéants, ne vivent pas du travail de la terre, même pas du pastoralisme.
    Les générations spontanées de rébellions touarègues, de 1990 à 2012 – une conséquence de la « révolte des Kel-Adagh » de 1963 mal comprise et mal gérée – ont toutes pris naissance à Kidal et procèdent de cet esprit « d’apartheid » des gens de l’Adagh n Foghas qui sont décidément difficiles à intégrer dans un système d’une nation pluriethnique comme le Mali qui est un patchwork, une mosaïque d‘ethnies que rien n’aurait uni, si ce n’est l’esprit de « vivre en paix ensemble » cultivé et entretenu par la majorité de la population malienne depuis des temps immémoriaux.

    3) Quel est le nom et le sobriquet du « promoteur » de la rébellion touarègue de 1963?
    Réponse : L’ladi dit Aladin (ou «Allah-din», le Fils d’Allah, comme le qualifiaient les gens de Bamako où il résida plus de dix ans, lors de sa détention par Modibo Kéita – il se baladait avec des amis militaires dans tout Bamako, y compris les boites de nuit) ; à l’époque de la « révolte des Kel-Adagh » de 1963, adolescent, L’ladi est le fils d’Alla ag-Albacher (un des chefs de la tribu Ifoghas du secteur de Boressa, dans l’Adagh n Foghas) fut le chef des maquisards Al fellaga (Kel-Adagh révoltés) ; le célèbre guérillero touareg saharien qui fut capturé vivant, l’arme à la main, par un bataillon militaire commandé par le capitaine Mamadou Sissoko – qui ordonna de ne pas abattre le jeune rebelle qu’il a pour instructions de Modibo Kéita de ramener vivant à Bamako – sous les indications précises de la localisation du chef rebelle par la compagnie méhariste commandée par le Lieutenant Zoul, reçut des louanges (tissiwaïs, en Tamacheq) de tous les conteurs/chanteurs glorificateurs de l’Adagh.
    Mes commentaires : depuis sa libération, sans jugement de la justice, en 1973, par le Général Moussa TRAORE (le deuxième président de la République du Mali), L’ladi, le jeune détenu politique de Modibo Kéita bien choyé, est émigré à Tamanrasset (en Algérie) où il s’adonne au commerce transfrontalier transsaharien, en ne s’impliquant dans aucune des rébellions touarègues qui ont succédé à la tienne. Voilà le cas de « repenti » du plus célèbre des guérilleros touaregs sahariens maliens qui vit, sans complexe, sa vie en dehors des « chemins battus » de son Adagh natal, minés, en 2007, par le rebelle Bahanga qui mourut, les armes à la main.
    De plus, depuis début 2012, l’Adagh est « recolonisé » par les rebelles touaregs (dont la part significative est originaire de Kidal) du MNLA qui ne furent que des thuriféraires pour des salafistes « chariaristes » amenés par le Célébrissime Iyad ag-Ghali, un Ifoghas de l’Adagh, rebelle non repenti, qui a fini de s’installer durablement à demeure à Kidal dont il faut maintenant penser à rappeler à ses fils guerriers devant Allah et les shet-Adagh de lui venir au secours pour le libérer de son propre fils prodige qui est celui qui, par sa rébellion des années 90, a forcé le GRM de lui octroyer des subsides qui ont amené la région de Kidal à un niveau acceptable de développement local dans le concert des autres régions.

    4) Quel est le nom de l’officier malien qui, en tant que touareg, fut investi « carte blanche», par Modibo Kéita, du rôle de collecte des informations sur la rébellion touarègue de 1963 en vue de pister et de déloger les rebelles dans les montagnes de l’Adagh ; quelle fut la base de l’unité militaire de cet officier touareg qui fut l’objet de railleries des femmes et des hommes, sous la forme de poèmes satiriques (tissiwaïs) ?
    Réponse : Mohammad ag-Mohammad-Alhadi dit Zoulbéiba (en abrégé ZOUL), connu sous le sobriquet « Lieutenant Zoul » qui se distingua et se fit accrocher ses deux ficelles d’officier lors de la première révolte (rébellion?) touarègue déclenchée en 1963 par des jeunes gens Ifoghas révoltés (Al fellaga) de l’Adagh n’Foghas.
    Mes commentaires (extrait de «l’alcool, un élément trans-identitaire chez les Touaregs de la ville» de Wartehen-Ghaçan, Bamako (Mali), Janvier 2010, non publié mais distribué et lu par les jeunes de la communauté « Kel-Antesser-Chérifiens » de la région de Tombouctou à Bamako, à l’attention desquels, l’auteur l’a produit : « Lieutenant Zoul, un «self-made-man» targui fut «un-touche-à-tout» puisque passant de l’emploi de cuisinier d’un administrateur colonial à celui de joker à l’hippodrome de Bamako (deux boulots peu glorifiant pour un jeune touareg ag-Antessar). Zoul se fera recruter gendarme pour accéder au poste de commandement de la garnison militaire de Gendarmerie, le GINGN de Tarkint (le groupe d’intervention nomade de la gendarmerie nationale), aux confins de l’Adagh et du Tilemsi de Gao, pour dépister les maquisards Al fellaga, Kel-Adagh révoltés , amenés par le célèbre guérillero saharien L’ladi dit Aladin ; Lieutenant Zoul, le traqueur de L’ladi, reçut de la part des conteurs/chanteurs de l’Adagh des louanges (tissiwaïe) des plus satiriques. La «Fondation Zoul» qui recruta, à tour de bras, tous les hommes kel-Antesser valides, ainsi que des «éclopés» et des adolescents de toute l’ethnie targuie du Mali (y compris Ghissa, le père de Moussa-le communicateur du MNLA en France et Intalou, le père de Nina-la «MNLA-girl» de Nouakchott, NDLR) dans sa compagnie de gendarmerie. Zoul donna l’occasion à tous les touaregs du Mali qui voudraient s’engager dans le corps de la gendarmerie de l’époque pour combattre leurs frères touaregs Kel-Adagh Ifoghas de s’engager pour, une fois la «sale guerre » finie, qu’ils soient déployés dans tout le Mali, ce qui s’est vérifié par la suite et fera qu’il y a eu plus de touaregs à la gendarme que dans tous les autres corps militaires (encore maintenant) grâce à la perspicacité et à l’opportunisme d’un targui «parvenu». Ce que la mémoire collective des touaregs n’a pas retenu, c’est que Léitna Zoul, un self-made-man, un analphabète qui n’est issu d’aucune académie militaire et n’a passé aucun examen militaire, est un homme du monde qui est reconnu comme un grand (et fin) buveur d’asmed (alcool). L’excès de «boisson» précipita sa mort: il fut emporté en début d’année 1969, à l’hôpital du Point G à Bamako, par une crise «carabinée» de cirrhose de foie, survenue au moment de sa relève de son poste de commandant de compagnie de gendarmerie de Tarkint, poste prestigieux où Léitna Zoul a revêtu une aura qu’aucun de ses semblables touaregs porteurs de tenues militaires n’a eu dans le Mali où les touaregs sont encore «diabolisés». En fin, Lieutenant Zoul est un sentimental qui fête, boit, chante, danse et court les femmes comme le vénérable Churchill (le chancelier britannique lors de la seconde guerre mondiale) dont Zoul a, du reste, la carrure et le charisme. Il ne viendra qu’aux esprits tordus qui seraient jaloux de la réussite de Léitna Zoul de souiller la mémoire de ce bon vivant parce qu’il fut un bon buveur joyeux.»

    5) Donner la liste des chefs de tribus touarègues du Nord Mali qui appuyèrent la première rébellion touarègue de 1963 et leur devenir.
    La liste des chefs de tribus touarègues du Nord Mali qui appuyèrent la première rébellion touarègue de 1963 et leur devenir est la suivante :
    9. Zéid ag-Illi, à l’époque Amanokal de la tribu des Ifoghas de l’Adagh qui apporta, normalement (et logiquement), des aides aux fils de sa communauté ; en « fuite » en Algérie, Zéid fut arrêté et extradé, à la demande de Modibo Kéita et détenu « politique » à Bamako en même temps que son « protégé » L’ladi et libéré comme lui ; Zéid ag-Illi, avant de mourir à Kidal à la fin des années 90, suite à une longue maladie, fut remplacé par Intalla, son jeune frère ;
    10. Mohammad-Ali ag-Attaher, ex-Amanokal de la tribu Kel-Antesser de l’Ouest, à l’époque résident en Algérie fraichement libérée ; il fut reproché à ce Célébrissime Amanokal d’avoir fourni des armes aux maquisards Al fellaga, Kel-Adagh révoltés ; Ben Bella, le premier Président algérien, ami de celui du Mali, a fait arrêter et extradé, sur la demande de Modibo Kéita, l’Honorable Amanokal Kel-Antesser qui fut détenu « politique » à Bamako en même temps que son ami Zéid ag-Illi et libéré comme lui en 1973 ; il mourut au Maroc (son pays d’exil final) le 9 juillet 1994 à Témarra près de Rabat;
    11. Attayoub, chef d’une fraction Daouçahak de Ménaka dont je ne connais que le prénom ; je ne connais pas non plus son devenir; Attayoub, arrêté au Mali, fut détenu « politique » à Bamako en même temps que son ami Zéid ag-Illi et libéré comme lui en 1973 ;
    12. Sidi Hayballa, célèbre marabout Kounta du Tilemsi de Gao, ami de Zéid ag-Illi, ce chef Kounta a subit la foudre de Syllas Diarra ; sa mort est une date repère chez les arabes de Tilemsi. »

    Sincèrement

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