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TERRITOIRES ET ACTIONS

Mali: le nouveau découpage administratif au cœur d’une polémique

RFI Publié le 12-10-2018  à 02:32

Depuis mercredi, un document de l’Assemblée nationale malienne a fuité sur les réseaux sociaux. Il s’agit du projet de loi sur la décentralisation à l’étude en ce moment par le gouvernement. Il prévoit notamment de doubler le nombre de régions administratives.

L’Assemblée nationale du Mali à Bamako.
© HABIBOU KOUYATE / AFP

Vingt régions. C’est ce que prévoit ce document de l’Assemblée nationale qui n’est pas signé. Pour l’heure, le Mali dispose de dix régions : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ménaka, Taoudénit, Kidal, Gao, Tombouctou, Ségou et Mopti.

A celles-ci, s’ajouteront donc Bougouni, Dïoïla, Nioro, Koutiala, Gourma, Douentza, San, Bandiagara, Niala et Kita. Ces régions sont composées de cercles, qui deviennent des « collectivités territoriales de cercle », et qui prendront le nom de leur chef-lieu.

Quant à Bamako, la capitale, il est prévu qu’elle soit divisée en dix communes urbaines. Le district de Bamako ayant toujours joui d’un statut particulier.

D’ores et déjà, cette ébauche de réforme fait grincer des dents. Il faut dire que l’enjeu est de taille. Prévue dans l’accord de paix de 2015, qui a mis un terme à la crise dans le Nord, la décentralisation est censée transférer des compétences comme la gestion de l’hydraulique, l’éducation ou la santé. Et surtout des ressources financières aux collectivités territoriales. Cette décentralisation devrait donc définir de nouvelles règles dans le jeu de pouvoir entre Etat central et régions.

http://www.rfi.fr/afrique/20181012-mali-le-nouveau-decoupage-administratif-coeur-une-polemique

3 commentaires pour Mali: le nouveau découpage administratif au cœur d’une polémique

  • Mohamed AG HAMATY

    En ma qualité d’aménagiste – encore vivant, Alhamdu-Lillah, Tabarak-Allah/Erach é Massinagh – je peux divulguer ce que pensaient – et écrivaient (les écrits restent, les paroles s’envolent) – les experts maliens aménagistes du Territoire (dont moi), en … 1988.

    Le nouveau découpage territorial de 20 régions ne respecte pas le principe de l’aménagement du Territoire National émis depuis 1988 et qui édécoupait) le Mali en 49 Zones agro-écologiques homogènes, au triple sens:
    1) homogénéité géographique, climatique, et de relief;
    2) homogénéité de peuplement humain, socio-culturelle et anthropologique;
    3) homogénéité historique et politique.

    Ces 49 régions homogènes, qui préfiguraient une décentralisation territoriale bien avant les « Désaccords d’Alger (1992, 2006 et 2015) », se fondaient sur l’appropriation possible et souhaitable d’un territoire bien délimité par ses habitants orignaux, dispositions qui respectent le principe “qui se ressemblent s’assemblent”, le meilleur critère de choix pour un territoire “récipient” qui a la vocation politique qui permette le choix des hommes et des femmes pour manager le pouvoir politique local et régional .

    Je cite quelques noms de Territoires Régionaux Homogènes: le Guidimagha (Yelimane), le Khasso (Kayes ), le Kaarta (Nioro), le Bélédougou (Kolokani), le Bafing-Falémé (Kita et Kenieba), le Wassoulou-Folona (Yanfolila), le Bani-Monotiè (Bougouni), le Kénédougou ((Sikasso), le Macina (Mopti), le Seno-Mango (Koro), le Plateau Dogon (Bandiagara), le Méma-Farimaké (Léré), le Bérabich (Boujbeha), l’AKLE-AZAWAD (Taoudéni-Azawa), l’Adrar-Timetrine (Kidal-Tessalit), le Tamasna-Azawak (Menaka) le Soni-Songhoï (Gao), le Gourma (de Bambara-Maoude à Tessit), …..

    Ce qui fait que ces bonnes recommandations, couchées sur papiers périssables par des machines à écrire Olivetti (il n’y avaient pas les ordinateurs, au Mali, en 1988), émanant d’experts sectoriels non politisés, à l’époque, sont dans les tiroirs des bureaux des ministères – à moins que les termites ne les avaient « bouffées ».

    Si ces bonnes recommandations techniques de découpage territorial de 1988 ne furent suivies d’effets, ce que GMT, qui les a commandées à PIRT-Projet Inventaires des Ressources Terrestres, n’a pas eu le temps de les opérationnaliser et que son successeur AOK, le « démocrate-révolutionnaire », les avait mises sous en cave, ce que AOK et les Apparatchik et Nomenklatura de son parti ADEMA avaient dit que ces propositions remettaient en selle les Tribus et Cantons « territoriaux » d’avant et de pendant la colonisation, CQFD!

    Sincèrement

  • Gervais Coppé

    Cet article bien circonspect amène à reconsidérer une tranche de l’histoire contemporaine, sans sectarisme ni esprit de revanche. Oui, ce découpage en 49 « zones homogènes » est bien marqué du sceau de l’intelligence, se fondant tant sur l’histoire des populations que les impératifs écologiques. Soyons rassurés : le doyen ag Hamaty n’est pas encore un dinosaure, et sa mémoire si vive est au service des nouvelles générations.

  • Mamie

    Je suis comblée par cet article. En effet au Mali, c’est le terrible recommencement des choses qui freine notre développement. Le principe de continuité de l’Etat n’est jamais respecté car le politique veut toujours inventer durant son règne de 10 ans (maximum). Partir de l’existence et améliorer les résultats n’est jamais requis. Je cite l’exemple des conférences nationales (1991) où les recommandations n’ont pas été appliquées. Deux décennies après tout est détruit, on revient à la case de départ.
    Le politique oubli qu’une décennie n’est rien dans la vie d’une nation, d’un peuple et d’un Etat riche culturellement comme le Mali.
    Respectons, les techniciens qui font des bonnes réalisations et écoutons le peuple. Soyons impartiale et « sincère avec le Mali » dixit un jeune citoyen du Mali

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